Il est essentiel de prendre le plus grand soin de ses parcelles en évitant de les tasser. Dans le même temps, la mécanisation évolue vers des machines toujours plus grandes et souvent plus lourdes. À première vue, ces deux tendances semblent contradictoires. Pourtant, les fabricants proposent de plus en plus de solutions techniques pour les concilier.
Deroo Constructie fait partie de ces constructeurs belges qui recherchent, avec leurs clients, des solutions sur mesure. Dans la configuration standard d’une tonne à lisier à deux essieux, les roues sont alignées l’une derrière l’autre. Cela signifie que la même bande de terre est sollicitée deux fois, ce qui a un impact important sur la structure du sol. Un système de régulation de la pression des pneus est une solution bien connue, mais un essieu extensible ou le fonctionnement en « marche en crabe » constituent également des alternatives.
Un essieu extensible permet de décaler l’essieu avant vers l’extérieur, de sorte que les deux roues ne passent plus dans la même trace, mais côte à côte. La pression exercée sur le sol est ainsi répartie sur une surface plus large, et le sol n’est compacté qu’une seule fois au lieu de deux. Outre les avantages pour le sol, ce système offre également une meilleure stabilité grâce à une voie élargie.
Essieu télescopique
L’éleveur laitier Kris Verhaeghe travaille avec une tonne à deux essieux équipée d’un essieu télescopique. « Nous avons fait ce choix pour limiter au maximum les dégâts de structure. La première roue exerce déjà une forte pression, mais lorsque la seconde passe, c’est là que les dégâts deviennent vraiment importants. Par le passé, cela nous a causé de réels problèmes. Nous avons été conseillés par Paul Deroo, qui nous a assuré qu’un essieu extensible serait au moins aussi performant, voire meilleur, qu’un système de régulation de la pression des pneus. De plus, cela évite les conduites et le compresseur supplémentaire. »
L’éleveur a été surpris de l’efficacité du système. « Même en conditions sèches, on voit la différence entre l’utiliser ou non. Nous sommes restés sur un tandem de 20 000 litres. L’écart de prix avec un trois essieux était trop important par rapport au gain de capacité. D’autant plus que nous ne sommes pas entrepreneurs de travaux agricoles. Beaucoup de parcelles sont proches de l’exploitation. Et en vue d’une reprise future, un tandem est plus intéressant qu’un tridem. »

Une différence clairement visible
La tonne a été équipée, il y a deux ans, de pneus BKT. « Aujourd’hui, je referais exactement le même choix. J’ai été encore plus positivement surpris que je ne l’avais imaginé. Des pneus plus grands et plus larges que sur l’ancienne tonne, et qui ne roulent plus dans la même trace, cela fait une vraie différence. On le voit aussi au rendement. Avant, l’herbe était plus pâle là où nous étions passés, signe d’une perte de production. Sur la route également, la tonne se comporte bien, elle ne tangue pas. »
Le déploiement ou le repli de l’essieu prend environ dix secondes et s’effectue en roulant. « J’arrive dans la parcelle et, le temps d’atteindre l’endroit où je veux épandre, l’essieu est déjà sorti », explique Kris Verhaeghe. « Avec un peu de chance, l’injecteur est lui aussi prêt. Ce n’est donc absolument pas un facteur de ralentissement. »
Ne pas régresser
Un autre éleveur laitier, Elie De Vlieger, a lui aussi opté pour une tonne à deux essieux Deroo avec essieu extensible, mais il a également ajouté un système de régulation de la pression des pneus. « Nous avons beaucoup de prairies fauchées toute l’année. Notre ancienne tonne de 11 500 litres avec de larges pneus devait être remplacée. Avec la nouvelle, nous voulions surtout plus de capacité pour les longues distances, et l’injecteur était également usé. Notre principale exigence était de ne pas régresser en termes de portance et de qualité de travail par rapport à l’ancienne tonne. »
« Un tandem est nettement plus confortable pour les longues distances », poursuit-il. « Mais nous voulions absolument un essieu extensible et un système de régulation de la pression. Sinon, nous serions probablement restés sur un simple essieu. Chez certains collègues, j’avais vu que les tandems causaient souvent trop de dégâts en prairie. Au départ, j’envisageais un système Veenhuis, jusqu’à ce qu’un voisin acquière une tonne Deroo. Nous sommes donc allés voir. »

Un choix gagnant
« Aujourd’hui, je peux dire que cet achat a été une réussite », affirme l’éleveur. « Nous pouvons intervenir aussi tôt dans l’année sur les prairies sans causer plus de dégâts qu’avec l’ancien simple essieu. Dans les mêmes conditions, la qualité de travail est équivalente. Mais désormais, j’embarque 20 m³ au lieu de 11,5 m³. J’utilise systématiquement l’essieu extensible en prairie permanente. Sur les parcelles destinées au maïs, cela dépend des conditions. Il en va de même pour le système de pression des pneus, que je règle à 0,8 bar. Le fait de pouvoir toujours rouler avec la pression idéale est un vrai plus. Sans ce système, on n’oserait jamais rouler à 4 bars sur la route et on choisirait un compromis. On constate aussi que la tonne se comporte mieux sur route. »
Concernant le rendement, De Vlieger reste prudent, mais souligne un point important : « On ne voit pratiquement pas que l’on est passé avec la tonne. Là où roule la roue de l’essieu extensible, il n’y a aucune trace. S’il reste des marques, elles se situent dans la trace de l’autre roue et des pneus du tracteur. »
Marche en crabe
Une autre approche est mise en œuvre au sein du groupe Beck Van Thillo, actif dans l’élevage porcin, le traitement du lisier et les grandes cultures. L’exploitation dispose de trois tonnes à trois essieux et d’un tandem pour les conditions plus humides. L’une des tonnes à trois essieux peut fonctionner en marche en crabe.
« Deroo n’en avait vendu qu’une seule auparavant, nous sommes donc allés la voir », explique Herman Van Thillo. « Et cela nous a convaincus. Cette tonne est également équipée d’un système de régulation de la pression des pneus, à l’instar du tracteur. »
« Nous traitons le lisier pour notre propre compte, mais aussi pour des éleveurs bovins. Nous voulions donc un trois essieux capable de rouler en marche en crabe. Peu de constructeurs proposent ce type d’adaptation. Nous utilisons également une rampe d’épandage à patins de 18 mètres, ce qui demande un temps d’adaptation. »

Après un an et demi d’utilisation, le constat est clair : « En prairie, c’est idéal, car la comparaison est facile. Trois à quatre jours après le passage, on ne voit plus aucune trace de passage, alors qu’avec les autres tonnes, elles restent visibles pendant plusieurs semaines. La plupart des clients demandent donc cette Deroo pour les prairies. Nous ne facturons pas de supplément, car nous devons écouler notre effluent et maintenir de bonnes relations. C’est d’ailleurs un vrai plaisir de revenir quelques jours plus tard sur une parcelle et de ne plus voir la moindre trace de notre passage. »
Texte : Seppe Deckx · Illustrations : utilisateurs et constructeur

