Après avoir pulvérisé un produit phytopharmaceutique sur une culture, il convient d’attendre au minimum que les résidus de pulvérisation soient secs et que la serre soit suffisamment ventilée avant de pénétrer à nouveau dans le champ ou la serre.
Toute personne travaillant ultérieurement dans la culture traitée entre en contact avec les résidus secs de ce produit sur la culture. Cela peut entraîner des problèmes de santé, même si l’application a eu lieu plusieurs jours ou semaines auparavant. Le risque dépend notamment de la toxicité du produit, de la dose appliquée, de la vitesse de dégradation des résidus sur la culture, ainsi que de la durée et de l’intensité du contact du travailleur avec la culture.
Délai d’attente
Afin de ramener le risque d’exposition à un niveau acceptable, il est souvent nécessaire de respecter un délai d’attente avant de pouvoir travailler dans la culture sans équipements de protection individuelle. Lorsque le respect de la totalité de ce délai d’attente n’est pas techniquement possible, parce que certaines activités (par exemple l’inspection, la taille, l’éclaircissage des fruits, la récolte) doivent être effectuées plus tôt, il est alors nécessaire de porter des gants de protection et/ou des vêtements de protection de base lors de ces activités.
Le respect strict et l’application correcte de ces mesures de réduction des risques sont déterminants pour la protection de la santé des travailleurs et pour la validité de l’autorisation de l’usage concerné du produit phytopharmaceutique.
Consignes adaptées sur les autorisations
Afin de clarifier les mesures de protection nécessaires lors de travaux dans une culture traitée, deux nouvelles phrases d’avertissement ont été élaborées.
- Pour protéger la santé, il est nécessaire de porter [des gants résistants aux produits chimiques et] un vêtement de protection de base couvrant bras et jambes en cas de contact de courte durée (moins de 2 heures par jour) et de faible intensité avec la culture (par exemple lors de l’inspection ou de l’irrigation) [jusqu’à 1/2/3/4/7/10/14/21/28 jours après le traitement].
- Pour protéger la santé, il est nécessaire de porter [des gants résistants aux produits chimiques et] [un vêtement de protection de base couvrant bras et jambes / un pantalon long] en cas de contact prolongé (plus de 2 heures par jour) ou en cas de contact intense avec la culture (par exemple lors de l’entretien et/ou de la récolte) [jusqu’à 1/2/3/4/7/10/14/21/28 jours après le traitement].
Note :
- Toutes les activités qui durent plus de 2 heures par jour, qu’elles impliquent ou non un contact intensif avec la culture, relèvent de la deuxième phrase.
- Toutes les activités impliquant un contact intense avec la culture traitée, même si elles durent moins de 2 heures par jour, sont couvertes par la deuxième phrase.
- Lorsque, selon l’évaluation des risques, les équipements de protection individuelle (EPI) indiqués doivent être portés plus de 28 jours après l’application du produit phytopharmaceutique, aucun délai n’est mentionné dans la phrase. En l’absence de délai, les EPI prescrits doivent toujours être portés pendant l’activité décrite, indépendamment du moment auquel le traitement de la culture a été effectué
Clarification des phrases d’avertissement
Les nouvelles phrases apparaîtront progressivement sur les autorisations. Elles sont ajoutées depuis juin 2025 lors de nouvelles autorisations, des renouvellements d’autorisations, ou lors de l’ajout de nouveaux usages à des autorisations existantes. Il peut en résulter temporairement des différences entre les usages au sein d’une même autorisation ou entre les autorisations de produits différents. Nous attirons l’attention sur le fait que l’utilisation des nouvelles phrases n’indique pas un risque accru pour une culture ou un produit spécifique, mais constitue uniquement une clarification à l’intention de l’utilisateur du produit phytopharmaceutique.
- Dans les phrases d’avertissement précédentes, il était prescrit de porter des EPI pour certaines tâches bien définies (inspection/entretien/manipulation/récolte), alors que le risque dépend en réalité de l’action effectuée lors de cette tâche et du degré de contact physique avec la culture. Ainsi, une inspection réalisée depuis un tracteur présente un risque différent d’une inspection effectuée à pied à travers le champ. De plus, lors d’une inspection, il arrive aussi que des mauvaises herbes ou des plantes malades soient arrachées (entretien ou manipulation). Afin de mieux correspondre aux pratiques réelles, les prescriptions sont scindées en deux phrases distinctes décrivant les activités en fonction de l’intensité et de la durée du contact avec la culture.
- Auparavant, seul des gants de protection étaient mentionnés dans les phrases d’avertissement destinées au travailleur, car le port de vêtements de protection de base était considéré comme relevant des bonnes pratiques agricoles. Il apparaît toutefois que, dans la pratique, le port d’une combinaison ou d’un pantalon long et d’une chemise à manches longues dépend fortement des conditions météorologiques. Pour cette raison, l’obligation de porter des vêtements de protection est désormais mentionnée explicitement lorsqu’elle est jugée nécessaire sur la base de l’évaluation des risques du produit phytopharmaceutique.
Même lorsque cela n’est pas (encore) explicitement mentionné sur l’étiquette, il est recommandé, par mesure de précaution, de toujours porter des vêtements de protection de base lors de travaux dans une culture traitée. Ces vêtements protègent le corps contre l’exposition aux résidus secs de pulvérisation. Cela est particulièrement important lorsque l’on ne sait pas exactement quels produits phytopharmaceutiques ont été appliqués dans la culture, ni à quel moment. En outre, ces vêtements offrent également une protection contre l’exposition aux rayonnements UV et contre les insectes. - Enfin, les phrases d’avertissement indiquent le délai après l’application du produit phytopharmaceutique pendant lequel les EPI mentionnés doivent obligatoirement être portés. Ce délai correspond par définition au temps d’attente mentionné dans l’introduction. Ce n’est qu’après ce temps d’attente que, selon l’évaluation des risques, le travailleur peut pénétrer dans la parcelle et manipuler la culture sans porter d’EPI. L’instauration d’un temps d’attente pour certaines activités est toujours préférable au port d’EPI.
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Texte : Fytoweb

