Canettes, bouteilles en plastique, sacs abandonnés… Dans les champs wallons, les déchets sauvages ne cessent de s’accumuler. Pour les agriculteurs, ces incivilités du quotidien ont des conséquences bien réelles : risques pour le bétail, pertes économiques et dégradation du matériel.
C’est pour cela que la FWA, l’UAW et Ferm ont lancé ensemble une enquête auprès de leurs membres. Entre janvier et mars 2026, ce sont pas moins de 150 agriculteurs qui y ont répondu, rien qu’en Wallonie. 77,9 % d’entre eux indiquent que les canettes sont les déchets sauvages qui les gênent le plus. Selon eux, elles sont découpées en morceaux et se retrouvent dans le foin destiné aux animaux ainsi que dans les champs, ce qui est particulièrement problématique. Les canettes et bouteilles en plastique sont les déchets sauvages les plus fréquemment retrouvés, tandis que les sacs abandonnés sur les bords de route constituent les dépôts clandestins les plus courants.
Risques majeurs pour le bétail
Les déchets déposés dans les parcelles sont fréquemment retrouvés dans les récoltes des fourrages. Ces morceaux coupants sont indétectables (aluminium non capté par aimants) et peuvent provoquer des blessures internes au bétail pouvant engendrer de la mortalité. « Les déchets se retrouvent dans les balles de foin. Les vaches mangent de petits morceaux et j’ai déjà perdu une bête à cause de cela », témoigne un répondant à l’enquête. « Si un bovin mange un morceau de canette, cela peut aller jusqu’au décès, en plus de tous les frais vétérinaires engagés pour tenter de le sauver ».
L’un des répondants indique que c’est un problème « parce que l’on fauche pour faire du foin et que, lors de la distribution, on s’est déjà coupé la main. Il faut parfois tout secouer et défaire pour retrouver les petits morceaux de canettes déchiquetées. Les animaux pourraient en avaler et se blesser sérieusement, faire des coliques ou mourir ».
Contamination des productions agricoles
Cette situation pose aussi des soucis dans les parcelles accueillant des grandes cultures. Ainsi, la présence de déchets peut provoquer un refus de lots ou un déclassement. Mentionnons aussi la présence de microplastiques et de polluants éternels avec un risque de contamination tout au long de la chaîne de transformation.
Et l’impact sur les agriculteurs est loin de n’être que matériel : « Parfois, lors de dépôts sauvages importants, je me sens agressé personnellement ». Au-delà du bien-être animal et de l’impact émotionnel pour les agriculteurs, il s’agit aussi d’un coût économique certain : près d’un tiers des répondants indiquent que les déchets sauvages et dépôts clandestins leur coûtent au moins 500 € par an. Sans compter le manque à gagner lorsqu’une de leurs bêtes décède. L’un des répondants précise d’ailleurs : « Si on perd une vache, c’est directement 1 000 ou 2 000 € de perdus ».
Une consigne sur les canettes et les bouteilles
C’est pourquoi les fédérations d’agriculteurs appellent une fois de plus les décideurs politiques à s’attaquer au problème à la source : poursuivre les actions de sensibilisation et de répression, mais aussi mettre en place une consigne sur les canettes et les bouteilles en plastique. D’une part, les producteurs financent le système de consigne qui permet de collecter leurs emballages à usage unique ; d’autre part, les consommateurs qui abandonnent leurs déchets dans la nature en supporteront le coût.
Les résultats complets de l’enquête sont à retrouver ici.
Source : FWA
Illustration : Antoine Van Houtte

