Le musée Herman Michiels a ouvert ses portes au public le samedi 5 et dimanche 6 septembre 2026. Les visiteurs ont pu y découvrir de nombreux tracteurs Zetor et Hanomag magnifiquement restaurés. Les amateurs de mécaniques anciennes ont aussi pu voir des ancêtres Ursus, Lanz, Pampa, Steyr, Fendt, Massey Ferguson, Deutz, Fordson, Fahr, Steyr, Favache, etc. Sans oublier que la collection Allis Chalmers de Danny Mauriën était aussi mise en avant. De plus, une impressionnante collection de plaques émaillées et de vieilles pompes à essence est répartie sur la vaste superficie du musée d’Houtvenne (province d’Anvers).
Le musée Zetor propose une collection très variée et les visiteurs peuvent également découvrir une collection de brochures, de manuels d’utilisation, de catalogues de pièces détachées, de miniatures, de gadgets, de photos rares, de calendriers… tous liés à Zetor. Le musée abrite aussi une collection de machines et d’outils agricoles qui donnent un bon aperçu du patrimoine agricole de la région de Heist-op-den-Berg et de ses environs.

Une passion pour Zetor et Hanomag
Herman Michiels a grandi à Booischot où ses parents, Jules Michiels et Elza Hoefkens, avaient une exploitation mixte de plus de 40 hectares comptant 35 vaches laitières et le jeune bétail correspondant. Le premier tracteur de la famille Michiels était un Zetor 3511. C’est ce dernier qui a donné à Herman le virus de la marque. Ce tracteur UR1 à trois cylindres de 35 ch a été acquis en décembre 1965 par le père de Herman. L’ensemble acheté comportait aussi une faucheuse, une charrue simple corps et une cabine. La totale de la facture s’élevait alors à l’équivalent de 3 600 € TTC, un montant qui peut sembler aujourd’hui dérisoire, mais qui représentait une importante somme pour l’époque.

La famille a mis ce tracteur en service le 25 février 1966. Très vite, Herman a labouré de manière professionnelle et a effectué tous les travaux des champs avec habileté et rapidité grâce à ce tracteur polyvalent. Cela n’échappa pas aux voisins. Pendant son temps libre, on apercevait régulièrement Herman au volant de son tracteur Zetor, équipé d’une charrue Hert à un soc, pour labourer les jardins et les petites parcelles ou pour les faucher à l’aide de la barre de coupe Busatis.
Néanmoins, la marque Hanomag tient aussi particulièrement à cœur à Herman Michiels. C’est avec cette marque qu’il a fait ses débuts en tant qu’entrepreneur agricole en 1979. Son premier tracteur utilisé dans son entreprise était un Hanomag Brillant 600, d’où le grand nombre de tracteurs Hanomag dans la collection.
La plus grande collection Zetor d’Europe occidentale
L’attachement de Herman Michiels à la marque Zetor n’a jamais faibli. Au fil des ans, le passionné de la marque s’est constitué une collection unique de tracteurs Zetor, allant du premier Zetor 25 aux modèles Zetor Super 35 et 50, en passant par les séries UR1 et Crystal. Depuis 2026, des tracteurs Zetor très rares, tels qu’un tracteur à chenilles Zetor Super P, un Zetor 25 à semi-chenilles, un Zetor Super 50 à semi-chenilles et un Zetor 25 K, font partie de la collection, ce qui la rend d’autant plus unique. Les tracteurs Zetor ont été restaurés de manière à être en parfait état, tant sur le plan technique qu’esthétique. Le musée de Houtvenne, en province d’Anvers, est aujourd’hui la plus grande collection de la marque Zetor en Europe occidentale.


Une marque tchécoslovaque
Le nom Zetor est composé de « Zet », qui correspond phonétiquement à la lettre Z de Zbrojovka (usine de manufacture d’armes à Brno où les tracteurs sont fabriqués), et de « or », qui provient du mot tractor. L’histoire de la marque a débuté à Brno en 1945 avec la construction d’un premier prototype de tracteur. Celui-ci est commercialisé dans la foulée avec le premier Zetor 25 T livré le 15 mars 1946. Dès l’année suivante, 3 406 tracteurs ont étés construits. Près de 30 % de la production de l’usine tchécoslovaque est exportée dans l’objectif d’enrichir le pays, dans un contexte d’après-guerre. En Belgique, Valcke est le premier importateur de la marque. Dès 1957, Hocké devient l’importateur belge. En 2004, c’est Slootsmid Trading qui reprend les commandes de la distribution dans notre royaume. Depuis 2015, c’est désormais Zetrac qui commercialise cette marque emblématique chez nous.
En ce qui concerne la peinture des tracteurs, ce sont d’abord des couleurs en stock qui ont été utilisées, comme par exemple le brun. Les Zetor 15 et 25 ont donc été vendus sous différents coloris, selon les surplus militaires. Ensuite, c’est la teinte bleu qui a été choisie, car la société sœur de Zetor, Zbrojovka, était déjà reconnaissable avec cette couleur. Dès 1960, il a été décidé que les tracteurs destinés à l’exportation seraient rouge, tout en gardant le bleu pour ceux commercialisés dans les pays de l’est. Chez nous, tous les Zetor vendus étaient donc reconnaissables à leur robe rouge.
Plusieurs modèles rares
Une rareté présente dans la collection d’Herman Michiels est le Zetor 15 doté d’un moteur monocylindre de 15 ch. Il n’a été produit que pendant quelques mois et à seulement 2 215 unités. Néanmoins, il a été très populaire chez nous. La marque a ensuite donné la priorité à son modèle 25 qui était destiné aux plus grosses exploitations. Ce dernier a, quant à lui, était produit à 158 570 exemplaires entre 1946 et 1961.

Une des pièces maîtresses du musée est un Zetor 50 Super semi-chenillé qui a été acheté au début de cette année en Tchéquie. À l’époque, les semi-chenilles (half-track) étaient une alternative aux tracteurs à quatre roues motrices. Ce tracteur était déjà refait lors de son acquisition par Herman Michiels. Il ne reste que 5 exemplaires de cette machine, produite entre 1962 et 1964 et qui n’a pas été commercialisée chez nous.

Les visiteurs ont aussi pu découvrir un Zetor Super P sur chenilles métalliques. La marque a construit cette version pour faire face à la pénurie de caoutchouc qui entre dans la conception des pneus. Le Super P était destiné aux grandes exploitations et aux entreprises forestières, mais il n’a jamais été importé chez nous.

La collection d’Herman Michiels en images














Texte : Antoine Van Houtte et musée Herman Michiels · Illustrations : Antoine Van Houtte

