La vache mange de l’herbe. Quoi de plus normal ? Et pourtant, dans bien des rations, la proportion qu’elle occupe pourrait être supérieure. Qu’elle soit ensilée, affouragée en vert ou directement pâturée, ses atouts sont nombreux. Rapide rappel de ses qualités alimentaires.
Pour ce faire, partons du tableau ci-dessous (Tableau 1). Il reprend les valeurs énergétiques (UFL), protéiques (MAT), cellulosiques (CB) et d’encombrement (UEL) de différents aliments. En bas du tableau, des recommandations moyennes sont reprises pour l’alimentation des vaches laitières, afin de pouvoir comparer apports et besoins. Rapidement, on observe la supériorité de l’herbe sur pied, à bien des égards.
Tableau 1 : valeurs alimentaires de différents aliments et recommandations pour l’alimentation d’une vache laitière (INRA 2018)
| Aliments | Énergie UFL/kg MS | Encombrement UEL/kg de MS | Densité énergétique UFL/UEL | Protéine MAT (g/kg MS) | Cellulose CB (g/kg MS) |
| PP stade optimal (épi < 7cm – FV0010) | 1,07 | 0,90 | 1,19 | 215 | 215 |
| PP stade intermédiaire (épi 7 à 10 cm) | 1,02 | 0,98 | 1,04 | 172 | 244 |
| PP début épiaison | 0,94 | 1,02 | 0,92 | 133 | 272 |
| Maïs ensilage 35% MS | 0,96 | 0,95 | 1,01 | 76 | 200 |
| Céréale Orge | 1,09 | 0,4 | 2,72 | 112 | 54 |
| Recommandations moyennes pour une vache laitière | 0,90 à 1 | / | / | 150 | 180 |
Un aliment complet
En énergie, avec plus d’1UFL/kg MS, même un maïs de bonne qualité ensilé à un stade mûr ne rivalise pas. Seule une céréale atteint le niveau de l’herbe ! Sachant que pour alimenter une vache laitière on cherchera à composer une ration oscillant entre 0,90 et 1,00 UFL/kg de MS, l’herbe répond ici pleinement aux besoins des animaux les plus exigeants. En protéines, avec plus de 20 % de MAT, l’herbe tient à nouveau le haut du pavé, même face à une céréale.
En cellulose aussi, l’herbe, même à un stade jeune, répond amplement aux besoins des bovins, puisqu’on recommande d’avoir 18 % de cellulose dans une ration.
Encombrement
Un autre point important à considérer dans l’analyse du tableau est l’encombrement de chacun des aliments. Cette valeur n’est d’ailleurs pas toujours présente sur les analyses de fourrages, ce qui est dommageable car elle permet de calculer les densités énergétiques et protéiques des aliments. C’est pourquoi un rapide point technique vous est proposé ici.
Tout animal possède une certaine capacité d’ingestion. Cette capacité dépend de tout un tas de facteurs comme son âge, son gabarit, son stade de lactation ou de gestation, etc. et s’exprime en UEL.
En face de cela, chaque aliment possède, lui aussi, une valeur d’encombrement. Par exemple, un fourrage aura en moyenne une valeur d’encombrement proche de 1 UEL alors qu’une céréale ou un concentré tournera aux alentours de 0,4 UEL. Ceci explique qu’une vache aura beaucoup plus de facilité à ingérer une grande quantité de MS de tourteaux que de foin.
Densité énergétique
Ainsi, le rapport entre les UFL et les UEL d’un aliment nous indiquera la densité énergétique de celui-ci. L’intérêt de ce calcul est simple : au plus le fourrage sera dense énergétiquement, au plus l’animal sera capable d’ingérer une grande quantité d’UFL pour un même nombre d’UEL. L’herbe jeune, en vert, étant à nouveau le fourrage le moins encombrant, sa densité énergétique est donc logiquement à nouveau la meilleure.
En revanche, cette fois-ci, la céréale, malgré une valeur UFL/kg MS à peine supérieure à celle de l’herbe, obtient une densité énergétique bien supérieure à tous les fourrages grâce à son encombrement très faible. On comprend ici l’utilisation du terme « concentré », pour décrire ces aliments aux densités énergétiques et protéiques très élevées, grâce à leur faible encombrement. À travers ce tableau, on constate que l’herbe de prairie est un aliment complet capable de répondre aux besoins alimentaires les plus élevés.

Article provenant du dossier de La Lettre Paysanne d’avril 2026
Texte et illustrations : Geoffrey Watté (Terres Vivantes ASBL)

