La carrière de la Pierre Bleue Belge de Soignies (province de Hainaut) utilise plusieurs machines hors-normes. Au sein de la flotte utilisée pour l’extraction des pierres naturelles, il y a notamment un Merlo P40.13PLUS. Ce télescopique travaille au cœur de la carrière, jusqu’à 80 m de profondeur, pour éclater les blocs de pierre bleue. Cette tâche nécessite une machine stable et qui sait remonter les importantes pentes de la fosse.
Dans la carrière à ciel ouvert de la Pierre Bleue Belge, il y a une machine qui est indispensable à l’activité d’extraction. Il s’agit du télescopique stabilisé Merlo P40.13PLUS. Ce dernier est utilisé pour positionner les éclateurs sur les pierres grâce à une nacelle. “Le Merlo est le cœur vital de la carrière. Il passe sur chaque bloc qui est extrait. On a donc besoin d’une machine qui ne tombe pas en panne et d’un service après-vente réactif”, nous explique d’emblée Robin Yernault, Responsable extractions chez Les Carrières de la Pierre Bleue Belge.
Une société familiale
Les Carrières de la Pierre Bleue Belge sont une société familiale. Actuellement, il s’agit de la cinquième génération qui est à la tête de l’entreprise. “Notre activité clé est la vente de tranches de pierre bleue aux tailleurs locaux. Ceux-ci travaillent la pierre pour ensuite la vendre à leurs clients. Nous transformons aussi certains blocs de moins bonne qualité pour une utilisation dans les travaux de voirie”. Environ 25 % de ce qui est extrait est commercialisé comme pierre bleue. “Il y a des pertes dues à l’extraction, au sciage et aux manipulations […]. Nous travaillons avec un partenaire qui concasse les sous-produits pour en faire des graviers”, explique Robin Yernault. L’entreprise emploie environ 150 salariés sur trois sites d’extractions de la région de Soignies. “Nous faisons également appel à des sous-traitants pour la découverture et l’activité crée aussi de nombreux emplois indirects”.
Des pentes pouvant atteindre plus de 20 %
La pierre bleue est non gélive et elle résiste aux aléas climatiques. Extraite dans la région de Soignies, elle est commercialisée dans le Benelux, le Nord de la France et s’exporte dans le monde entier. Pour son extraction, la géologie naturelle du gisement est respectée. Certaines pentes atteignent donc plus de 20 %. De ce fait, les machines qui y travaillent doivent avoir la motricité nécessaire pour remonter les pentes. Le Merlo P40.13PLUS est capable d’évoluer dans cet environnement grâce à sa transmission hydrostatique. “Elle est très sécuritaire pour les déplacements. C’est mieux qu’une powershift et ça améliore le confort, car on n’a pas besoin de toucher les freins dans les descentes […]. L’hydrostatique assure un freinage dynamique”.

Double stabilisation
Les éclateurs portés par le Merlo P40.13 fonctionnent à 400 bar et cette pression est fournie par la machine. “Sur la nacelle, il y a une pompe qui utilise l’huile en provenance du Merlo et la transfère à la pression nécessaire”. Cette nacelle a été fabriquée par De Lille NV, selon les souhaits du client et pour cet usage bien particulier.
Pour positionner au mieux les éclateurs, il faut que la machine puisse s’adapter aux dénivelés de la carrière. “Chaque éclateur pèse 25-30 Kg. Il faut donc un outil ergonomique […]. Le but est que la planche de la nacelle soit inclinée selon la géologie. Cela est rendu possible grâce à la double inclinaison du Merlo. Au moment de l’achat, nous avons fait le tour du marché. Les autres constructeurs ont indiqué qu’une double correction était impossible. Il n’y a que De Lille NV qui a pu apporter une solution”.
Ainsi, le télescopique utilisé par la carrière est doté d’une double stabilisation. “Il y a les béquilles à l’avant et l’assiette de la machine qui est corrigée de 10 %”, nous explique Luc Delcroix, Account Manager pour la Wallonie et le Luxembourg. De plus, des vérins viennent bloquer le pont arrière pour rendre la machine stable et sûre. Ce télescopique est aussi doté de pneus gonflés avec une mousse anti-crevaison.
Robin Yernault nous a expliqué qu’en réalité, le télescopique est trop gros pour son utilisation. Le Merlo P40.13 a une capacité de levage de 4 t et peut atteindre une hauteur de 13 m. Sous le capot, on retrouve un bloc 4 cylindres Perkins 904 qui développe 117 ch. “Il est surdimensionné pour avoir une bonne stabilité […]. Cette machine est adaptée au travail réalisé ici. Ce n’est pas une simple sortie d’usine, des adaptations ont été réalisées pour qu’elle soit adaptée à son utilisation dans la carrière”.
Sécurité
De plus, pour limiter les mouvements dangereux, le P40.13 est doté du dispositif ASCS. Ce dernier autorise uniquement les déplacements de flèche qui ne compromettent pas la stabilité de la machine. “L’adaptation de l’abaque de charge a été testée pour programmer le télescopique et éviter son basculement […]. Le Merlo a été placé dans la pire situation qui puisse être rencontrée sur site. Les systèmes de sécurité ont été adaptés pour être en conformité”. Il est important de mentionner qu’à la fois le télescopique et la nacelle sont homologués par Vinçotte. “Nous avons choisi De Lille NV, car ils nous ont accompagnés dans l’homologation”, nous a confié Robin Yernault.

Contrat d’entretien et extension de garantie
“Nous avons aussi un contrat d’entretien et une extension de garantie chez De Lille NV”. Ce contrat permet à l’entreprise de maîtriser ses coûts. “Le coût de fonctionnement est connu et il reste fixe. Il n’y a pas de mauvaises surprises […]. Des techniciens viennent sur place toutes les 250 h pour faire analyser les huiles”. En effet, c’est de l’huile biologique synthétique qui est utilisée, car la machine évolue au-dessus d’une nappe phréatique. “Cette huile coûte plus cher, mais réduit le risque pour l’environnement et elle tient dans le temps”.
Plus de 10 000 h au compteur
La machine que nous avons vue en action a été remplacée par une nouvelle identique. “Elle date de 2021 et a déjà plus de 10 000 h. Elle a travaillé 5 jours par semaine sur deux postes, ce qui correspond à environ 2 500 h/an […]. Nous avons décidé de la remplacer, car ce serait dramatique si une panne se produisait. Cela pourrait provoquer l’arrêt complet de l’usine. Comme elle vieillit bien, elle sera gardée pour être utilisée sur un autre site de manière traditionnelle”. Le nouveau Merlo P40.13 sera équipé de la nacelle et pourra alors reprendre le flambeau pour éclater la Pierre Bleue de Soignies.

Texte et illustrations : Antoine Van Houtte

