En 2019, DutchSoy a lancé, avec dix producteurs, les premières étapes de la culture de fèves de soja fraîches (edamame) aux Pays-Bas. L’objectif est clair depuis le premier jour : produire du soja aux Pays-Bas, puis le transformer et le commercialiser dans le pays. Aujourd’hui, environ 200 hectares d’edamame sont cultivés aux Pays-Bas. Cette expérience néerlandaise montre qu’il est possible de cultiver du soja destiné à l’edamame sous nos latitudes, pour l’alimentation humaine.
Le soja appartient à la famille des Fabacées (ou Légumineuses) et produit des gousses contenant généralement deux à quatre fèves. Lorsque les fèves vertes, encore immatures, sont récoltées, on parle d’edamame. Lorsque le soja arrive à pleine maturité, les fèves séchées sont notamment transformées en tofu, en boissons au soja, en substituts de viande et en aliments pour animaux. À l’échelle mondiale, la culture du soja se concentre principalement dans des pays comme le Brésil et les États-Unis. L’edamame est originaire d’Asie de l’Est, mais il est désormais également cultivé aux Pays-Bas.
Des semences en provenance de Belgique
Depuis 2019, Harry Schreuder cultive de l’edamame conventionnel sur son exploitation Harrysfarm. “Grâce à des groupes de travail locaux, je suis entré en contact avec le fondateur de DutchSoy. J’avais tellement envie de me lancer dans la culture du soja qu’à l’époque, j’ai détruit une demi-parcelle de blé”. Cette année, l’agriculteur cultive 4,5 hectares de soja de la variété Befine.
La saison culturale s’étend du début du mois de juin à la fin du mois de septembre. Le soja est semé début juin en rangs espacés de 50 cm, avec une distance de 8 cm entre les plants. Avant le semis, les semences de soja sont inoculées avec des bactéries du genre Rhizobium. Ces bactéries stimulent la fixation de l’azote par la plante. Le soja prélève l’azote de l’air et le stocke dans des nodosités racinaires. Le nombre de nodosités permet de déterminer si un apport complémentaire d’engrais est nécessaire. Avec quinze à vingt nodosités par plante, aucun apport supplémentaire n’est requis. C’est l’entreprise belge Storm Seeds qui fournit les semences de soja.
Une culture qui demande peu d’intrants
La plante pousse de juin à septembre. Elle se développe généralement bien sans nécessiter beaucoup d’intrants supplémentaires. “Les engrais minéraux ne sont généralement pas nécessaires et les insecticides ne sont pas non plus nécessaires”, confirme Harry Schreuder, qui participe au projet depuis ses débuts. La plante est toutefois sensible à l’excès d’eau. Les pigeons et les lièvres peuvent également occasionner des dégâts lorsque les jeunes plants viennent de lever.
Au début de la saison, Harrysfarm applique une seule fois des herbicides de prélevée sur la parcelle. Cette année, il a également dû faire face à la présence de repousses de pommes de terre. Afin de réduire aussi sa dépendance aux produits phytosanitaires, il a testé le désherbage électrique. Il a donc mis à l’épreuve une machine Andela Electro Weeder de location dans sa parcelle cette saison. “Cela a très bien fonctionné”.
Jusqu’à présent, l’agriculteur n’a pas eu besoin d’irriguer son soja, même s’il s’est posé la question une fois au cours de cette saison sèche. Selon lui, les problèmes sanitaires sont également restés limités. Au cours des années pendant lesquelles il a cultivé du soja, il n’a observé qu’une seule fois la pourriture sclérotique.
Choisir le bon moment pour récolter
La teneur en matière sèche et la couleur des fèves déterminent le moment de la récolte. Les fèves doivent être placées au congélateur alors qu’elles sont encore vertes. Une récolte trop précoce peut entraîner des rendements plus faibles, tandis qu’une récolte trop tardive risque de donner des fèves trop jaunes. La parcelle doit également être exempte de morelle noire avant la récolte. Après celle-ci, il n’est plus possible de retirer des fèves les baies laissées par cette adventice.
La mécanisation de la récolte offre encore des possibilités d’amélioration. Les plantes sont récoltées à l’aide d’une arracheuse à pois. La machine est équipée d’un batteur qui extrait directement les fèves des gousses. “Les producteurs souhaitent notamment que les pneumatiques de la machine de récolte soient encore améliorés afin de réduire la pression exercée sur le sol”, explique Harry Schreuder. “Lorsque l’usine et la machine sont prêtes, il faut effectuer la récolte à ce moment-là. Il serait bien que la machine puisse accéder plus facilement aux champs lorsque le temps est plus humide”.
Les fèves sont ensuite transportées dans des bennes jusqu’à la ferme, puis acheminées directement par camion vers le site de stockage, où elles sont nettoyées, lavées et congelées.


Une filière néerlandaise prête à se développer
Au début du projet, des subventions étaient nécessaires pour mettre en place la culture et la rendre rentable. Selon Harrysfarm, les producteurs ont désormais acquis une solide expérience. “Nous avons parcouru tout un processus d’apprentissage”‘. La prochaine étape consiste à augmenter les rendements, avec pour objectif d’atteindre environ cinq tonnes par hectare, contre trois à quatre tonnes actuellement dans de nombreux cas.
Ce n’est pas un hasard si la majeure partie des surfaces est cultivée en agriculture biologique. “Cette répartition s’explique par le fait que le secteur biologique a été parmi les premiers à soutenir le projet. Le marché biologique s’est immédiatement montré intéressé par l’achat de fèves de soja produites aux Pays-Bas”. En revanche, les débouchés conventionnels restent moins développés.

Texte : Esmee Groot Roessink · Illustrations : Harrysfarm et Esmee Groot Roessink

