En avril, le tout premier Aura en Belgique a été mis en service à Langemark (Flandre-Occidentale) au sein de l’élevage de Dries D’Hallewin et Elke Deraedt. Grâce à son module de chargement intégré, elle prend en charge l’ensemble des opérations d’alimentation : chargement des fourrages, pesée, mélange, distribution, repousse du fourrage et suivi des travaux réalisés. “Le Kuhn Aura permet de me libérer du temps, tout en apportant une meilleure alimentation à mon troupeau”, explique l’éleveur Dries D’Hallewin, le premier propriétaire belge d’un robot Kuhn Aura.
L’année 2026 est placée sous le signe du lancement d’Aura sur le marché belge. Cette première installation constitue une étape importante dans son déploiement dans notre royaume. “Aujourd’hui, il devient difficile de trouver de la main-d’œuvre, surtout pour l’alimentation qui est une activité qui doit être réalisée avec précision”, nous explique Cédric Berckmans de chez Packo Agri. “L’alimentation autonome n’est pas une vision futuriste, elle soutient l’éleveur, tout en ayant un rendement maximal et en réduisant la dépendance aux horaires de travail fixes”. “Beaucoup de personnes pensent que c’est encore un prototype, alors que le Kuhn Aura est déjà un produit de série”, ajoute Frederick Audenaert, distributeur Aura agréé.
Concilier gain de temps et qualité de l’alimentation
La ferme D’Hallewin-Deraedt, qui élève 115 vaches laitières traites sans robot et 57 jeunes bovins, a fait le choix d’opter pour l’alimentation automatisée. “J’utilisais auparavant un godet sur mon télescopique et une mélangeuse traînée. Je m’intéresse à l’alimentation automatisée depuis des années. Mais je ne voulais pas de système avec une cuisine et un lieu de stockage temporaire, par peur que les rations ne s’échauffent”, nous confie Dries D’Hallewin. “Je ne voulais pas devoir déplacer une partie du silo et le laisser à l’air pendant longtemps. Sur le Kuhn Aura, la désileuse est intégrée à la machine. Cette mélangeuse automotrice autonome correspondait à mes attentes, car les aliments sont distribués régulièrement et ils ne s’échauffent pas”.
De plus, l’intégration du robot n’a nécessité que peu d’adaptations des infrastructures existantes. “J’utilisais déjà un système de vis pour les aliments secs et les concentrés. Il a donc fallu seulement les déplacer et rendre le système communiquant avec l’Aura pour l’automatisation. J’ai aussi dû rehausser la hauteur des murs de mes silos. Pour la sécurité, il faut qu’ils aient une hauteur de plus de 1,8 m de haut […]. Je suis très satisfait de mon investissement. Cela me permet de gagner environ 1h30 chaque jour”. D’ailleurs, selon la marque, le robot Aura demande même moins de main-d’œuvre qu’un robot d’alimentation concurrent. “Ce système demande peu de travail et il me permet de me libérer du temps, tout en apportant une meilleure alimentation à mon troupeau. Avec l’Aura, il faut simplement bien entretenir ses silos et les débâcher au bon moment pour éviter les alarmes et les problèmes. Les petits silos pour les aliments secs, la paille et le foin ne doivent pas être réapprovisionnés trop souvent. Une fois remplis, il y a assez de matériel pour trois semaines”.

Six fonctions avec une seule machine
Un fait marquant est que le Kuhn Aura combine pas moins de six fonctions. Ainsi, il permet le chargement autonome, le mélange de la ration, la pesée, la distribution, la repousse des fourrages et enfin la programmation et le reporting.

Ainsi, la mélangeuse automotrice autonome charge précisément la quantité de fourrage nécessaire. “L’écart moyen observé sur l’ensemble du parc est inférieur à 1,4 %, soit la différence entre la quantité programmée et la quantité effectivement distribuée”. La cuve de mélange a un volume de 3 m³ et comporte deux vis verticales. “La présence de deux vis au sein d’une petite cuve améliore l’homogénéité des rations. Leur vitesse est programmable selon les différents mélanges et/ou par ingrédient”. De plus, cette dernière est fabriquée en K-NOX, qui est un mélange d’inox et d’Hardox, ce qui augmente la durée de vie de l’engin. La distribution se fait par case ou par lot complet. Il est possible de programmer différents moments de distribution et de repousse du fourrage.

Le Kuhn Aura embarque un moteur thermique Kohler de 56 ch. Sa consommation est estimée à 3,5 à 4 l/heure. Le réservoir de 240 l permet donc d’avoir une autonomie d’environ une semaine. La vitesse d’avancement maximale est de 7 km/h. Le robot peut aussi franchir des pentes jusqu’à 20 %. Pour se déplacer, le Kuhn Aura utilise quatre roues motrices et directrices. Il peut rouler sur les graviers et il n’a pas besoin de guides dans le béton ni d’installations particulières dans les bâtiments.
Déplacement en toute sécurité
Le déplacement du robot est autonome, avec une précision centimétrique. Pour ce faire, le Kuhn Aura utilise un double système de localisation.
“En extérieur, la navigation repose sur la combinaison du GPS-RTK et de l’odométrie. Une antenne RTK spécifique au Kuhn Aura doit être installée sur l’exploitation. De son côté, l’odométrie est un système qui prend en compte les mouvements des roues. À l’intérieur des bâtiments, le guidage GPS-RTK est remplacé par un système Lidar. Un géomètre doit donc passer avant l’installation pour bien localiser l’emplacement exact des bâtiments. Il y a toujours deux systèmes qui sont utilisés en même temps pour assurer la précision des déplacements”, explique Cédric Berckmans. Dans la pratique, la gestion des trajets est gérée par la plateforme Kuhn Farm Track. “Il est par exemple possible de fermer temporairement une route, ce qui peut être utile lors des chantiers d’ensilages ou aux moments où le camion de collecte du lait doit entrer dans la cour de la ferme”.
De plus, pour assurer la sécurité, de nombreux dispositifs sont présents. “Des caméras et des capteurs permettent à la machine de ralentir automatiquement, voire de s’arrêter si quelque chose est détecté à proximité. Un arceau de sécurité et un bouton d’arrêt d’urgence sont aussi présents”.
Deux logiciels pour gérer le robot
La gestion quotidienne passe notamment par le logiciel Kuhn Librafeed. “Il permet de planifier les rations, le nombre de distributions à effectuer et les quantités par passage. L’outil fournit aussi la teneur en matière sèche de la ration ainsi que son coût”. Parmi les autres données disponibles, citons l’agenda complet des opérations réalisées par le robot. “Le programme a été développé pour pouvoir être facilement pris en main par l’éleveur.”
Le second logiciel utilisé est Kuhn Aura Live. “Il permet de voir où est la machine, son nombre d’heures de fonctionnement, la température de l’eau ou des huiles. Via cette application, il est possible d’envoyer le robot vers une zone de parking, de ravitaillement ou une station de lavage. Une page de diagnostic reprend aussi tous les codes erreur ainsi que des propositions de résolution des problèmes.”

La Belgique, le second marché à accéder à l’Aura
“La Belgique est le premier pays à avoir mis en service un Kuhn Aura après la France. Le robot a déjà été installé dans une ferme et nous sommes déjà prêts pour le futur”. D’une manière plus générale, “l’ensemble du parc de machines totalise désormais plus de 120 000 heures de fonctionnement et a distribué au total plus de 120 000 tonnes de rations mélangées”, précise l’importateur Packo Agri. “Plusieurs machines ont déjà dépassé les 15 000 heures de fonctionnement, avec une utilisation quotidienne comprise entre 4 et 16 heures par jour”. D’ailleurs, le profil des utilisateurs de cette machine est très varié. “Aujourd’hui, les machines sont utilisées dans des élevages de bovins laitiers, de bovins viandeux et de caprins […]. Cette mélangeuse automotrice autonome permet d’alimenter entre 80 et 250 vaches selon la configuration de la ferme”.
Pour sa commercialisation belge, un nombre limité d’agents est mis en place. “Il faut que nos concessionnaires aient de l’expérience et qu’ils maîtrisent à la fois la digitalisation, la mécanisation et la robotisation. Il y aura entre quatre à cinq agents pour couvrir le territoire belge”. Chez la famille D’Hallewin-Deraedt, c’est Audenaert NV de Lembeke qui a mis en service le Kuhn Aura. “Nous vendions déjà les machines de Packo Agri et des machines à traire”, nous explique Frederick Audenaert de chez Audenaert NV. “C’est un produit qui se situe entre une machine agricole et une machine d’élevage intégrée à une exploitation. C’est un projet complet pour l’exploitation et l’Aura doit être livrée et installée chez le client. Nous avons déjà l’habitude de travailler comme ça. C’est ainsi que nous sommes devenus distributeur agréé Aura pour la Flandre”.

Texte et illustrations : Antoine Van Houtte

