Dans son observatoire des filières agricoles, le Collège des Producteurs revient sur les chiffres qui ont caractérisé la production laitière en fin d’année 2025. Ce document présente les principales tendances du marché laitier. Elle met en perspective les évolutions de la production, des prix et des exportations, ainsi que les facteurs internationaux influençant la conjoncture du secteur. Dans cet article, nous revenons sur quelques chiffres marquants.
Tout d’abord, la production laitière belge de 2025 a été supérieure de + 0,5 % par rapport à celle de 2024. Cette tendance se confirme aussi au niveau européen, où la collecte de l’UE a augmenté de + 1,3 % sur la période janvier–novembre 2025 (par rapport à janvier–novembre 2024). Elle a augmenté dans 21 États membres sur 27. Néanmoins, en novembre 2025, l’augmentation de la production mondiale se ralentit, puisqu’elle atteint + 942 000 tonnes par rapport à novembre 2024, mais reste très élevée. Pour rappel, en septembre et octobre 2025, cette augmentation a été de 1 million de tonnes par mois par rapport à septembre et octobre 2024.
Un prix du lait en diminution
Le prix moyen du lait conventionnel payé aux producteurs belges en décembre 2025 est de 41,0 €/100 litres. Ce prix a diminué de – 7 % par rapport au mois précédent (44,3 €/100 L). Notons que ce montant est inférieur à la moyenne européenne, qui est également en baisse (48,1 €/100 L en décembre 2025). Le prix moyen belge du mois de décembre 2025 est inférieur de – 28 % à celui du mois de décembre 2024 (soit – 15,9 €/100 L). Le prix moyen annuel du lait en 2025 (51,8 €/100 L) est supérieur de + 8 % au prix moyen annuel de l’année 2024 (47,8 €/100 L).

Le rapport aborde aussi la rémunération des agriculteurs. En décembre 2025, le revenu du travail moyen calculé par le SPF ARNE – DAEA est de 8,6 €/100 L de lait produit (prix moyen du lait de 41 €/100 L). D’une manière plus globale, le revenu du travail moyen pour l’année 2025 s’élève à 18,6 €/100 L, avec un prix moyen du lait sur cette période de 51,8 €/100 L.
En qui concerne les produits transformés, on constate que depuis le début de l’année 2026, les cours du beurre et de la poudre de lait écrémé sont repartis à la hausse : + 9,7 % pour le beurre durant les six dernières semaines et + 19 % pour la poudre de lait sur la même période. Cette tendance pourrait s’expliquer par une augmentation des achats à prix bas par certains pays afin de (re)constituer des stocks. Toutefois, la consommation restant relativement stable et la production élevée, il pourrait s’agir d’une tendance temporaire.

Les exportations
Au niveau wallon, la valeur commerciale cumulée, de janvier à septembre 2025, des exportations de lait et de produits laitiers s’élève à 988 millions d’euros. Près de la moitié de cette valeur (46,2 %) est due aux exportations de beurre, essentiellement vers l’UE (70 %) et l’Asie (14 %). 24,1 % des exportations ont été dédiées aux fromages (90 % vers l’UE-27 + Royaume-Uni) ; 14,3 % destinés au lait en poudre vers l’Asie (32 %), l’Afrique (12 %) et l’UE (50 %) ; 12,5 % aux exportations de crème, essentiellement intracommunautaires (90 % des exportations).

Au niveau de l’Union européenne, les exportations en volume vers les pays tiers ont augmenté durant la période janvier–septembre 2025 (par rapport à janvier–septembre 2024) de + 4 % pour la poudre de lait maigre et de + 1 % pour les fromages. Les exportations de beurre restent stables, tandis que celles de poudre de lait entier ont diminué de – 23 %, celles de butter-oil de – 13 % et celles de lait condensé de – 12 %. Le total des exportations de l’UE, exprimé en équivalent-lait pour la période de janvier à septembre 2025, a diminué de -1 % en volume, mais a augmenté de + 6,6 % en valeur par rapport à la période de janvier à septembre 2024.
Taxes chinoises sur les produits laitiers
La Chine avait annoncé appliquer, à partir du 23 décembre 2025, des droits de douane provisoires sur certains produits laitiers européens (fromages, certains laits et crèmes), qui s’échelonnaient de 21,9 % à 42,7 %, avant de conclure son enquête antisubventions.
Le 12 février 2026, le ministère du Commerce chinois a officialisé des droits de douane compris entre 7,4 % et 11,7 %, appliqués aux produits laitiers européens concernés (lait et crème). Ils sont entrés en vigueur le vendredi 13 février pour une durée de cinq ans. Ces taxes s’ajouteront aux 15 % de droits de douane en moyenne déjà en vigueur.
Les taux définitifs sont beaucoup moins élevés que ceux annoncés initialement, mais ils restent importants et auront un impact sur l’accès des produits laitiers européens au marché chinois. Malgré un impact direct qui semble relativement faible pour la Wallonie (moins de 1 % des exportations wallonnes de lait et de crème, pas d’exportations de fromage), il peut y avoir un impact indirect important pour les entreprises laitières wallonnes et belges, en raison des répercussions sur l’ensemble du marché laitier.
Source : Collège des Producteurs

