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Le bambou, une nouvelle culture zéro phyto aux multiples débouchés

Fertilisation Nouvelle culture Phytopathologie Phytopharmacie Transformation 9 mars 2026

Félicien Pastur de BambooImpact et Jan Oprins de BambooLogic devant une parcelle de bambou.

Le bambou est un végétal que l’on aperçoit fréquemment dans les jardins des particuliers. Mais cette plante pérenne peut aussi être cultivée à grande échelle dans les parcelles agricoles. Elle nécessite peu d’intrants et elle possède de nombreuses possibilités de débouchés. Nous avons rencontré Félicien Pastur de BambooImpact et Jan Oprins de BambooLogic afin de découvrir cette culture qui présente de nombreux avantages écologiques et économiques. 

Pour le moment, il n’y a que quelques plantations agricoles de bambou en Belgique. Cependant, avec sa start-up BambooImpact, Félicien Pastur ambitionne d’implanter du bambou sur plusieurs parcelles belges dès cette année. “Le bambou est une culture intéressante d’un point vue économique et écologique […]. Je travaille au sein de l’incubateur pour jeunes entrepreneurs StartLab.Brussels avec pour but de développer une filière bambou en Belgique. Ce que je souhaite valoriser, ce sont les crédits carbone et la biomasse. Je collabore avec BambooLogic, qui apporte les plantes, une expertise technique et accompagne le développement de la filière”.

BambooImpact collabore avec BambooLogic pour la fourniture des plants. Cette structure apporte aussi ses connaissances sur le bambou à Félicien Pastur.
BambooImpact collabore avec BambooLogic pour la fourniture des plants. Cette structure apporte aussi ses connaissances sur le bambou à Félicien Pastur.

La mise en place d’une filière bambou en Belgique

Jan Oprins travaille sur le bambou depuis 1979. Il nous explique l’évolution de la présence de cette plante en Belgique : “À l’époque, cette plante était rare et chère. En mettant en place des techniques de multiplication in-vitro, je suis devenu leader mondial de la production de cette plante. À la base, elle avait un usage ornemental. Aujourd’hui, elle est utilisée dans les champs, pour produire de la biomasse et elle se valorise aussi avec les crédits carbone”. 

La nouvelle start-up BambooImpact se donne pour objectif de trouver, dans les mois à venir, des agriculteurs partenaires souhaitant implanter du bambou sur leurs parcelles. “Le rôle des cultivateurs est de s’occuper de la plantation, de l’irrigation et des entretiens. BambooImpact s’occupe de la vente des crédits carbone et de la biomasse. Il est aussi possible de me laisser gérer entièrement la plantation avec une rétribution financière sur la vente des crédits carbone. Je suis donc également à la recherche de propriétaires terriens qui souhaitent valoriser leurs terres”, nous explique Félicien Pastur. À terme, la jeune entreprise souhaite même créer une filière de transformation pour le bambou en Belgique. Celle-ci pourrait voir le jour d’ici quelques années, quand les plantations seront à maturité. “Le but est de mettre en place une filière locale pour réduire nos importations de bambou en provenance de l’étranger”.  

Une plante facile à cultiver

Peu exigeant, le bambou se distingue par un itinéraire technique minimal et un faible besoin en intrants. Les opérations d’entretien se résument à l’irrigation, éventuellement requise en cas de sécheresse pendant les premières années suivant l’implantation. “Dans une culture professionnelle, un apport d’engrais à libération lente lors de la plantation peut être envisagé. On peut aussi éventuellement apporter une fertilisation légère après certaines récoltes. De manière générale, cette culture ne demande que quelques jours de travail par an et elle n’a pas besoin de produits de phytoprotection […]. Le bambou permet de réduire la main-d’œuvre nécessaire sur une exploitation. C’est donc intéressant pour des fermes familiales, des jeunes agriculteurs ou des propriétaires terriens”. 

En ce qui concerne le caractère invasif de la plante, Félicien Pastur se montre rassurant : “Le bambou n’est pas vraiment une plante invasive, car elle ne se propage que par le sol”. La gestion de sa propagation passe donc par la maîtrise du développement des rhizomes. “Pour éviter un développement non contrôlé, il est possible de creuser un fossé de 60 cm de profondeur autour de la plantation. Une fois que la racine sort de terre, elle pousse vers le haut”. Une autre technique consiste à laisser une bordure de 5 m autour de la parcelle et de la broyer tous les ans. L’installation d’une barrière anti-rhizomes dans le sol est une autre possibilité. “C’est donc très facile à entretenir”. Il convient aussi de souligner que la destruction de la culture est assez facile : “les bambous peuvent être éliminés en travaillant le sol avec un broyeur forestier”.

Pour éviter un développement non contrôlé, il est essentiel de maîtriser le développement des rhizomes. Cela peut passer par l’installation d’une barrière anti-rhizomes en bordure de parcelles.
Pour éviter un développement non contrôlé, il est essentiel de maîtriser le développement des racines. Cela peut passer par l’installation d’une barrière anti-rhizomes en bordure de parcelles.

Des variétés adaptées à notre climat

En ce qui concerne l’implantation à proprement parler, elle consiste en la mise en terre de plantes en godets qui ont été produites au préalable en pépinières. Durant sa carrière, Jan Oprins a sélectionné différents cultivars qui sont caractérisés selon leur adaptation au sol et au climat. “Chez nous, c’est le bambou phyllostachys qui est le plus adapté […]. Certaines variétés résistent à des températures de – 20°c, tandis que d’autres peuvent résister à 50°c et à la sécheresse”. Lors de leur plantation, les bambous sont âgés de 2 ou 3 ans. La densité de plantation est de 625 plantes à l’hectare. Il est conseillé d’espacer les plantes de 4 m dans toutes les directions. Ensuite, grâce au développement des rhizomes, la culture couvrira intégralement le sol après quelques années. 

Ce sont des bambous en godets qui sont plantés dans les parcelles agricoles.
Ces bambous en godets sont destinés à être plantés dans une parcelle agricole.

“L’implantation est l’étape la plus coûteuse… Mais il est désormais possible de vendre des crédits carbone dès la mise en place de la bambouseraie, ce qui représente une bonne aide à l’investissement. Ceux-ci couvrent à la fois le stockage du carbone dans la plante et dans la terre”, détaille Félicien Pastur. “Le bambou est reconnu comme l’une des plantes terrestres qui capte le plus de carbone et produit le plus de biomasse au monde […]. Le calcul du carbone capté se base sur la prise d’échantillons du sol avant et pendant la plantation pour voir l’évolution du stockage de CO2 dans la parcelle. De même, des calculs sont réalisés pour connaître la quantité de carbone présent dans les parties végétales”. 

Avantages écologiques

Le bambou présente également un réel intérêt environnemental grâce à ses caractéristiques botaniques. “Sur les terres agricoles, le bambou apporte de la biodiversité, car il s’agit d’une culture pérenne et qui reste verte toute l’année. Les feuilles de bambou se renouvellent en continu. Les feuilles qui tombent au sol permettent un apport constant de matière organique. Cela amène de l’engrais pour la plante et c’est bénéfique pour la biodiversité du sol […]. C’est aussi une culture intéressante pour les terres agricoles fatiguées.” Une fois implantée, cette plante, qui couvre les parcelles toute l’année, peut rester en place plus de 100 ans. “Le bambou est une plante qui pousse vite et bien. En agriculture, le bambou permet de stocker du carbone rapidement et durablement.”

Les feuilles qui tombent au sol forment une litière permanente et constituent un apport constant de matière organique.
Les feuilles qui tombent au sol forment une litière permanente et constituent un apport constant de matière organique.

Implanté sur des parcelles polluées, le bambou a aussi un potentiel de dépollution. “Les rhizomes absorbent les polluants. Les métaux lourds du sol sont captés par la plante qui stocke alors les éléments polluants. Une fois captés, ceux-ci restent dans le bambou et ça ne pose pas de problème en cas d’utilisation dans la construction”. De plus, le bambou est adapté à notre climat et à notre sol. “Produire du bambou ici permet de lutter contre le réchauffement climatique”, ajoute Félicien Pastur. 

Récolte fractionnée 

La première récolte a lieu cinq à sept ans après l’implantation. Après cette phase d’installation, il est possible de récolter une partie de la bambouseraie tous les ans. Pour la valorisation de la biomasse, elle est effectuée avec une ensileuse dont le bec doit être adapté pour avaler des plantes dont la hauteur est d’environ 6 à 8 m, avec un maximum de 12 m sous notre climat. “La récolte se fait en hiver quand le bambou ne pousse pas. Elle débute quand l’ensilage du maïs est fini et s’étale jusqu’au mois d’avril. Le passage avec l’ensileuse n’abîme pas la culture”, nous détaille Jan Oprins. La coupe se fait sur ⅓ de la surface, selon une logique de bandes. Ainsi, seulement une bande sur trois est récoltée. Cette méthode évite de couper l’intégralité de la parcelle. “Les réserves sont dans les racines qui jouent un rôle de batteries. Les feuilles ont un rôle de panneau solaire. Cette technique offre une meilleure production sur le long terme. En effet, une récolte intégrale entraînerait un allongement du temps de repousse”. Concernant le rendement, Félicien Pastur estime la production à 20 T/ha de matière sèche par année.

Sous notre climat, les bambous atteignent une hauteur d’environ 6 à 8 m, avec un maximum de 12 m.
Sous notre climat, les bambous atteignent une hauteur d’environ 6 à 8 m, avec un maximum de 12 m.

De nombreux débouchés

La valorisation de cette plante peut ensuite passer par de nombreuses voies. “Une usine du nord de la France transforme le bambou en isolant pour la construction”, met en lumière Félicien Pastur. “Mais les débouchés sont énormes …. Plus de 300 produits différents ont du bambou dans leur composition en Europe. Il s’agit par exemple de textile, de papier, de produits pharmaceutiques, de bioplastiques, de nourritures à destination humaine ou animale, de tuteurs, etc. Certaines études démontrent même qu’il est possible d’intégrer des feuilles de bambou dans les rations à destination des vaches. Actuellement, l’Europe est le plus grand importateur de Bambou. Il y a donc un fort potentiel de développement”. 

Enfin, nos interlocuteurs nous ont également assuré qu’il est envisageable de combiner les débouchés et les filières. En effet, lors des premières années après la plantation, il est possible de cultiver du maïs ou de faucher l’herbe entre les rangs de bambou. Certains font aussi de l’éco-pâturage, bien qu’aucun désherbage ne soit nécessaire. “Il y a beaucoup de filières de transformation possible avec une seule plante et une seule espèce. Cela apporte donc des sécurités pour ceux qui souhaitent se lancer dans la culture”.

Chez nous, les ravageurs et les maladies ne provoquent pas de dégâts dans les bambouseraies.
Chez nous, les ravageurs et les maladies ne provoquent pas de dégâts dans les bambouseraies.

Texte et illustrations : Antoine Van Houtte

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