Le négociant en fourrage Broes J, établi en province d’Anvers à Wavre-Notre-Dame, a acheté sa première regroupeuse Arcusin en 2011. La machine fait exactement ce que son nom indique : elle rassemble jusqu’à quatorze petits ballots, les lie ensemble et les dépose de manière à faciliter leur ramassage avec le chariot télescopique et les plateaux. Cette méthode de travail permet de gagner énormément de temps et facilite la manutention des balles.
Broes J est un négociant en fourrage. Ses principales activités sont le commerce de copeaux de bois, de paille, de foin, de maïs, de pellets de bois et d’aliments pour animaux. Fondée en 2002, l’entreprise est aujourd’hui reprise par la deuxième génération. Broes presse et commercialise des petites et des grosses balles de foin et de paille. Elle produit une partie des balles sur ses propres parcelles, mais achète la majeure partie de l’herbe ou de la paille. Parfois, l’entreprise prend en charge l’ensemble des opérations, de la fauche au ramassage. Dans d’autres cas, les propriétaires réalisent eux-mêmes la fauche, le fanage ou l’andainage.
Arcusin est un fabricant espagnol. Son nom vient d’Armando Cusiné, l’homme qui a fondé l’entreprise avec son fils en 1976. La première machine était un empileur de balles, l’Autostack, qui rassemble les grosses balles cubiques avant de les déposer en pile. La gamme comprend également des ramasseurs de balles (Forstack), qui collectent quatre grosses balles, des regroupeuses de balles (Multipack) ainsi que des équipements pour le chargement des balles (GrabPack et LinePack).
Massey Ferguson SB 1840
Broes utilise trois presses Massey Ferguson SB 1840 identiques pour presser les petites balles. Celles-ci sont ensuite regroupées en lots de quatorze balles, puis liées à l’aide des deux regroupeuses Arcusin D14. La première Arcusin est arrivée il y a quinze ans. Il s’agissait d’une B14. Six ans plus tard, une C14 a suivi. En 2020, une autre B14 est venue compléter le parc. Les trois machines ont été reprises en 2021 pour laisser place à deux D14, qui constituaient alors la dernière génération commercialisée par Arcusin.
Arne van Espen travaille chez Broes depuis plus de dix ans. Il explique qu’il conduit généralement la petite presse tirée par un tracteur équipé d’un rouleau tasse-andains. « Je m’occupe généralement du tour extérieur, car c’est là qu’il y a le plus d’herbe. En aplatissant légèrement l’andain, j’évite qu’une grosse quantité d’herbe arrive d’un coup, ce qui pourrait provoquer un bourrage de la presse. »
Le pressage se déroule généralement sans difficulté. « Une fois les réglages au point, on peut travailler efficacement. Cela concerne notamment le poids des balles, qui se situe généralement autour de 27 à 28 kg. L’avantage, c’est qu’un tel poids reste maniable en cas de problème. Les acheteurs de ces balles sont principalement des éleveurs de chevaux, de moutons et de chèvres. »


Regrouper les balles
Une fois les petites balles pressées, la regroupeuse Arcusin les ramasse. « Nous avons déjà eu plusieurs générations : les B, les C et maintenant les D. La dernière génération est la E, mais nos D14 conviennent encore parfaitement. La base de la machine reste la même, mais on constate une évolution technique d’une génération à l’autre. »
Chaque botte est saisie en douceur par le bras de ramassage, puis déposée sur la table de transport. Le bras pousseur achemine ensuite les balles dans la chambre de pressage. Lorsque celle-ci est pleine, soit quatorze balles, celles-ci sont comprimées verticalement puis liées ensemble pour former un lot très compact. Le degré de compression peut être réglé à l’aide d’un système de serrage. Quatre ou cinq ficelles sont utilisées, selon la taille des balles, la version E14 en utilisant cinq. Enfin, le lot bascule et glisse vers l’extérieur par la porte arrière.
En principe, le fonctionnement est entièrement automatique. « Bien sûr, on peut interrompre le processus, par exemple si l’on constate que l’endroit où les lots doivent être déposés n’est pas adapté. »
Quatorze balles, le format idéal
Il est possible de regrouper quatorze balles par lot, mais des configurations de douze, dix ou huit balles sont également disponibles en option. Arcusin propose des cadres différents à cet effet. Leur remplacement est relativement simple grâce à des axes que l’on peut retirer puis remettre en place.
Broes enrubanne parfois les lots de dix ou douze balles, mais cela n’est pas possible avec les lots de quatorze. Le regroupement de quatorze balles permet d’obtenir un lot sans rangée centrale, qui peut ainsi être ventilé de tous les côtés. C’est particulièrement important pour l’herbe et le foin, car cela évite la formation de moisissures lorsque les lots sont entreposés dans le hangar.
Afin de préserver au maximum la qualité du produit, Broes applique aussi une règle : tout ce qui est pressé doit être rentré le jour même. « Lorsque la rosée tombe, nous dételons les presses des tracteurs et attelons les remorques Devos. Les balles sont ensuite chargées à l’aide d’un chariot télescopique Merlo. »
Jusqu’à 700 petites balles par heure
Thomas est l’un des conducteurs habituels de l’Arcusin. Il explique qu’il apprécie vraiment ce travail, car les choses avancent bien tout en restant relativement tranquilles. « Du moins, maintenant », ajoute-t-il sourire aux lèvres. « Les premières fois, c’était une autre histoire. Il faut vraiment apprendre à connaître la machine. Le défi consiste évidemment à ramasser les petites balles le plus rapidement possible. Pour cela, il est essentiel qu’elles entrent correctement dans la machine. Si l’on détourne le regard un instant, une botte peut rapidement se retrouver mal positionnée. »
Selon le fabricant, la capacité peut atteindre 700 petites balles par heure. D’après Thomas, leur rythme de travail atteint environ 400 à 450 balles regroupées par jour. « Dans ce cas, on travaille du petit matin jusqu’à tard le soir, en France, dans la paille. Là-bas, les parcelles présentent de très longues lignes droites. De plus, un chariot télescopique est toujours présent pour bien positionner les balles si nécessaire, par exemple lorsqu’elles sont de travers dans une ornière profonde laissée par un pulvérisateur. »

Texte et illustrations : Seppe Deckx

