Un cas inhabituel de grippe aviaire chez les bovins laitiers a récemment été signalé aux Pays-Bas. Une vache laitière a, en effet, été identifiée comme porteuse d’anticorps contre le virus de la grippe aviaire, indiquant une infection antérieure.
À ce stade, les autorités sanitaires néerlandaises se veulent rassurantes : aucun signe de circulation active du virus n’a été détecté au sein du cheptel concerné ni dans d’autres exploitations laitières.
Des symptômes parfois discrets chez les vaches
Chez les bovins laitiers, une infection par la grippe aviaire peut se manifester par une baisse de la production de lait, de la fièvre, une perte d’appétit ainsi qu’un lait épaissi et décoloré. Dans la majorité des cas, les vaches infectées se rétablissent et retrouvent progressivement leur niveau de production antérieur. Certaines infections peuvent toutefois rester asymptomatiques, bien que la vache excrète malgré tout le virus.
Le virus est principalement excrété par le lait. Cependant, les autorités rappellent que la pasteurisation du lait inactive complètement le virus de la grippe aviaire. Le lait pasteurisé est donc sûr pour la consommation humaine et ne présente aucun risque pour la santé publique ni pour la propagation du virus. En revanche, la consommation de lait cru et de produits à base de lait cru provenant de vaches infectées est fortement déconseillée.
Un signalement initial impliquant des chats
L’enquête a débuté le 24 décembre 2025, lorsque l’Autorité néerlandaise de sécurité des aliments et des produits de consommation (NVWA) a reçu un signalement concernant deux chats malades. L’un d’eux a été testé positif à la grippe aviaire et est décédé le 26 décembre 2025, tandis que le second s’est révélé négatif et a complètement guéri. Une enquête de source et de contacts a ensuite permis d’établir un lien avec une exploitation laitière.
Dépistage et analyses rassurantes
Le 15 janvier, l’ensemble du cheptel laitier de cette exploitation a été soumis à un dépistage. Des échantillons de lait ont été prélevés sur plusieurs vaches, ainsi qu’un échantillon de lait de tank. Aucun animal ne présentait de signes cliniques au moment des prélèvements. Les tests PCR, destinés à détecter la présence du virus dans le lait, se sont tous révélés négatifs, tant pour les échantillons individuels que pour le lait de tank. Ces résultats indiquent l’absence de virus actif au sein du cheptel.
En revanche, des analyses complémentaires ont mis en évidence la présence d’anticorps contre le virus H5N1 chez une vache. Celle-ci avait présenté en décembre une mammite et des troubles respiratoires, symptômes compatibles avec une infection par la grippe aviaire. Au moment des prélèvements, l’animal était toutefois complètement rétabli. La détection d’anticorps contre la grippe aviaire chez des bovins laitiers constitue une première en Europe.
Un cas inédit en Europe
Une infection isolée chez une vache laitière est possible, mais la priorité des autorités reste à déterminer si une propagation peut survenir au sein ou entre exploitations. À ce jour, aucun signal ne laisse penser à une diffusion du virus vers d’autres bovins ou exploitations. Le risque pour la santé publique est actuellement considéré comme très faible. Les résultats négatifs des tests PCR chez les autres vaches renforcent l’hypothèse d’un cas isolé, sans transmission secondaire.
Sources : Rijksoverheid Nederland et Science

