Malgré les risques liés au contexte épidémiologique actuel de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) en France, force est de constater que de nombreux mouvements de bovins originaires de France et à destination de la Belgique continuent de s’opérer.
Bien que ces mouvements respectent le cadre légal, ils constituent un risque sanitaire majeur pour l’ensemble du cheptel belge. L’ARSIA remarque que certains opérateurs font preuve d’une imprudence particulière en introduisant sur notre territoire des bovins issus de communes voisines de zones de surveillance, voire de régions qui, quelques jours après le départ des animaux, basculent en zone de surveillance.
Les risques liées aux importations
Pour rappel, depuis la progression de l’infection en France en dehors des premières zones réglementées, notamment dans le Jura et dans le sud de la France, le niveau de risque d’introduction de la DNC sur notre territoire par le biais des échanges intracommunautaires de bovins sur pied en provenance de France a été reconsidéré et jugé élevé. De plus, nous notons qu’en cette année 2025, le nombre d’importations de bovins français a été particulièrement élevé.

Les autorités et l’ARSIA déconseillent vivement aux opérateurs d’importer des bovins en provenance des pays actuellement touchés par la DNC, même si les animaux proviennent de zones non réglementées.
Les raisons qui sous-tendent cette recommandation sont les suivantes :
- Le délai entre la contamination d’un bovin et l’apparition des symptômes spécifiques (nodules) est particulièrement long et peut atteindre quatre à cinq semaines. Pendant cette période dite d’incubation, le bovin infecté reste cliniquement sain mais est contagieux pour ses congénères.
- Certains animaux infectés ne présentent aucun symptôme caractéristique de la maladie, même au-delà de trente-cinq jours, mais multiplient le virus et sont donc également contagieux.
Si des importations sont malgré tout réalisées, il est fortement conseillé :
- de mettre en quarantaine les animaux importés pendant un minimum de vingt-huit jours ;
- de contacter votre vétérinaire afin de faire réaliser, a minima, un examen clinique et, idéalement, des tests PCR de dépistage ;
- de protéger les animaux contre les piqûres d’insectes au moyen d’un traitement insecticide ou répulsif ;
- de ne surtout pas les déplacer dans les vingt-huit jours suivant leur arrivée sur le territoire belge.
Que doit faire un éleveur en cas de suspicion ?
- Contacter immédiatement son vétérinaire et/ou son Unité locale de contrôle (ULC) de l’AFSCA ;
- Isoler les animaux malades ;
- Stopper temporairement (jusqu’à l’infirmation de la suspicion) la commercialisation et le déplacement des autres animaux du troupeau.
Texte : ARSIA · Illustration : Michael Patching

