Lors d’une visite au sein de l’exploitation agricole Van Ginhoven – Verheyen, le concept de fusion farming est rapidement apparu. Un terme parlant pour désigner la combinaison du désherbage mécanique et du désherbage chimique. En d’autres termes : biner et pulvériser. C’est exactement ce que fait Dirk van Ginhoven avec sa désherbineuse 12 rangs Chopstar-Prime 3/60, équipée d’un contrôle de sections et d’un pulvérisateur intégré d’Einböck. « En réalité, ce sont quatre machines en une : un déport latéral, une bineuse et deux pulvérisateurs. »
« L’image de notre secteur n’est pas bonne en matière de désherbage et de protection des cultures. La tendance est claire : nous devons utiliser moins de produits, mais de manière plus efficace. J’en étais moi-même convaincu. Dès 2020, je cherchais une machine capable de m’y aider. J’ai suivi plusieurs marques. En 2023, j’ai assisté à une démonstration chez le concessionnaire Van Tigchelt. À partir de là, tout s’est accéléré : je me suis rendu chez l’importateur Packo à Zedelgem, accompagné d’un spécialiste phyto. Nous sommes arrivés à une esquisse que Packo a ensuite présentée à Einböck. L’idée était une bineuse montée sur une poutre avec deux pulvérisateurs indépendants. »
La météo dicte tout
Début juin de l’année dernière, votre rédaction a vu la machine en action. « La désherbineuse entame sa deuxième saison. Mais l’an dernier, nous n’avons pas pu beaucoup travailler avec, donc notre expérience reste encore limitée. » À l’avant du tracteur, on retrouve une cuve frontale Jumbo-Stream d’Einböck et une rampe de pulvérisation construite par le concessionnaire Van Tigchelt. À l’arrière, la bineuse est montée sur un déport latéral. Des buses sont installées sur la poutre de binage et une cuve plus petite est placée au-dessus.
La cuve frontale a une capacité de 1 100 litres, tandis que la cuve arrière peut contenir 350 litres. À l’avant, la rampe permet de pulvériser sur les plantes, tandis que l’arrière sert à traiter les rangs, par exemple avec des biostimulants. « La rampe est nécessaire parce que je veux pouvoir pulvériser avant que de la poussière ne se dépose sur les plantes. Cela améliore la pénétration du produit. La hauteur de la rampe est réglable. De plus, en jouant sur la position des buses, la zone traitée peut être réduite à une bande étroite. « Moins il y a de matière active sur la betterave, mieux c’est pour sa croissance, car celle-ci est moins freinée. »

Un logiciel comparable à celui d’un pulvérisateur high-tech
Van Ginhoven a immédiatement lancé un défi à Packo et Van Tigchelt : les deux cuves devaient pouvoir pulvériser aussi bien à l’avant qu’à l’arrière. « Selon le produit à appliquer, il faut parfois le plus grand volume à l’avant, parfois à l’arrière. Il y a 12 rangs, mais il faut pouvoir traiter 13 inter-rangs », explique Van Ginhoven. « Le logiciel devait donc être adapté », explique Toon Demyttenaere de l’importateur Packo. « Il doit gérer 12 et 13 sections. Le contrôle de sections est intégré à l’écran via une prise GPS provenant d’un système New Holland RTK Intellisteer. Nous avons pu régler précisément le décalage temporel lors du relevage ».
Le système est autonettoyant, mais le volume de liquide résiduel dans les tuyaux diffère entre l’avant et l’arrière, et selon la cuve utilisée. C’est pourquoi une cuve de rinçage automatique a été intégrée, tenant compte des distances entre la pompe, le filtre, les conduites, le système de répartition et les buses. « Chaque buse de la rampe est fermée individuellement, tandis que la bineuse se relève élément par élément. Le logiciel de la machine est comparable à celui d’un pulvérisateur de grande culture high-tech. »

Row-Guard
La bineuse est pilotée par le système Row-Guard d’Einböck. Chez Van Ginhoven – Verheyen, celui-ci se compose de deux caméras 3D Claas, chacune observant trois rangs. En théorie, une seule caméra suffirait. Plusieurs positions sont possibles et seule la caméra offrant la meilleure précision à un moment donné est utilisée comme référence.

Les caméras sont équipées de deux lentilles : l’une pour le soleil, l’autre pour l’ombre. Le chauffeur définit les critères de détection, généralement la hauteur ou la couleur des plantes. Le déport latéral permet ensuite de guider la bineuse avec une grande précision le long des rangs. Le système utilise une valve proportionnelle : lors de corrections importantes (par exemple 20 cm), le déplacement est rapide, tandis que pour un ajustement de quelques cm, le mouvement est beaucoup plus lent. En alternative ou en complément des caméras, deux palpeurs peuvent également être utilisés.

Poids, puissance et précision
La pompe avant est entraînée hydrauliquement, la pompe arrière par la prise de force. Sur l’exploitation, la désherbineuse est attelée à un New Holland T7.225. Plusieurs raisons expliquent ce choix : le poids total de l’ensemble est conséquent (bineuse : 1 370 kg, pulvérisateur : environ 1 000 kg, déport latéral : plus de 500 kg). De plus, un débit d’huile et une puissance importante sont nécessaires. Un tracteur plus léger aurait sans doute suffi, mais il n’aurait pas permis de monter les grandes roues. Grâce à un système WDM, la voie peut être réglée de 2 à 2,25 m.

Facilité d’utilisation
Malgré la sophistication de la machine, son utilisation reste simple. Une seule clé permet de régler rapidement les socs, les roues de profondeur et les doigts Kress. Des disques de protection pour les jeunes betteraves sont également présents et s’abaissent facilement d’un simple geste. Les socs sont en carbure, conservant leur largeur de travail pendant toute leur durée de vie.

Selon Nevin, le chauffeur, l’utilisation en cabine est également agréable : « Les premières heures, c’est un défi de surveiller quatre écrans tout en conduisant. En général, nous travaillons à environ 8 km/h. Le débit de pulvérisation dépend de la vitesse, mais il faut maintenir une pression suffisante, donc on ne peut pas rouler trop lentement. »

Fusion farming
L’achat et la construction de cette machine représentent un investissement important pour l’exploitation. « Mais nous voulons être pleinement en phase avec les exigences environnementales. Et en réalité, ce sont quatre machines en une : un déport latéral, une bineuse et deux pulvérisateurs. Cette combinaison s’inscrit parfaitement dans notre philosophie du fusion farming, qui associe désherbage mécanique et chimique. C’est, selon nous, la solution la plus durable, et la majorité des équipements sont disponibles chez Einböck. »

Texte : Seppe Deckx · Illustrations : Seppe Deckx et Antoine Van Houtte

