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Chicorée : un désherbage efficace et des innovations variétales au service d’un marché en croissance

Cultures industrielles Désherbage Recherche Semis 27 février 2026

Chicorées industrielles

En 2025, la culture de la chicorée a dû s’adapter à un profond bouleversement de son schéma de désherbage. Le retrait de deux matières actives majeures a contraint la filière à repenser son itinéraire technique, en misant sur de nouveaux herbicides et sur l’arrivée de variétés sulfotolérantes. Lors de sa réunion annuelle, Cosucra a dressé le bilan de la dernière campagne, dévoilé les nouvelles solutions de désherbage prévues pour 2026 et esquissé les défis majeurs qui attendent la filière.

Pour la chicorée, l’année 2025 a été marquée par un nouvel itinéraire technique suite au non-renouvellement des deux matières actives herbicides. Le désherbage de pré-semis des chicorées est désormais réalisé avec du Boa (penoxsulame) suite au retrait du Bonalan (benfluraline). De plus, le Titus (rimsulfuron) remplace le Safari (triflusulfuron-méthyle). Ces nouveaux herbicides ont pu être utilisés grâce au basculement vers des variétés sulfotolérantes qui ont été développées par la maison de semences Chicoline, une société sœur de Cosucra.

Incorporation de Boa en pré-semis

L’incorporation du Boa a permis de maîtriser correctement l’enherbement des parcelles, même lors des conditions sèches rencontrées au printemps de l’année dernière. “Cet herbicide racinaire a besoin d’eau pour être efficace et l’incorporation dans une terre fraîche et fine est le seul moyen d’y parvenir”, ont expliqué les agronomes de Cosucra. “L’incorporation dilue la matière active pour avoir une bonne sélectivité envers les chicorées. De plus, cela positionne spatialement la matière active près des semences d’adventices qui doivent être maîtrisées”. Lors d’un essai mis en place par Cosucra en 2025, il ressort que la seule incorporation de Boa en pré-semis a permis de réduire la population d’adventices de 97 % par rapport à l’absence de traitement herbicide. L’incorporation avec un outil à dents de type vibroculteur sur une profondeur de 6 à 8 cm permet d’obtenir une bonne efficacité, même lors d’un printemps sec. 

L’incorporation du Boa doit être effectuée avec une herse de type vibroculteur ayant au moins quatre rangées de dents.
Il faut incorporer le Boa avec une herse de type vibroculteur comportant au moins quatre rangées de dents.

Le service agronomique a profité de l’événement pour rappeler l’importance d’incorporer l’entièreté de la dose de Boa conseillée. En effet, lors des essais mis en place l’année dernière, il ressort que sous la dose de 300 ml/ha de Boa, l’efficacité du désherbage n’est pas au rendez-vous. Le conseil est donc l’incorporation d’une dose comprise entre 300 et 375 ml de Boa. “L’incorporation de Boa est très importante pour la maîtrise des adventices”. Néanmoins, il est conseillé de ne pas dépasser l’application de 600 ml de Boa sur l’ensemble de l’itinéraire technique pour ne pas pénaliser les cultures de l’année suivante. “Appliquer 300 ml de Boa en pré-semis permet aussi de garder une marge d’action en cas de levées tardives de daturas”. 

Les agronomes ont aussi testé des modalités combinant le Boa avec d’autres herbicides. L’incorporation en pré-semis de certaines combinaisons se sont montrées intéressantes. La filière espère désormais pouvoir obtenir une dérogation d’utilisation pour la saison culturale à venir.  

Un nouvel herbicide applicable en post-émergence

En ce qui concerne le désherbage de post-émergence, un nouvel herbicide fait son apparition dans les schémas. Il s’agit du Viballa qui se compose d’une hormone, à savoir 3 g/l halauxifène-méthyl. Cette nouveauté représente une aide en cas d’échec ou de conditions de désherbage complexe. “Il s’agit d’un produit de rattrapage. C’est malgré tout un plus pour la culture, car il ne s’agit pas d’une sulfonylurée et que les doses appliquées ne sont pas élevées”. 

Le Viballa a une action sur les chénopodes et les éthuses. La dose maximale pouvant être appliquée est de 1 l/ha à administrer par fractions, avec maximum 0,25 l/ha à chaque application. Il convient de ne pas le mélanger dans une bouillie contenant des sulfonylurées ou sulfonamides. Il est aussi nécessaire de respecter un délai avant et après l’utilisation d’autres herbicides de trois jours. Une application trop précoce sur des jeunes plantes peut entraîner des déformations des chicorées. “Il faut l’utiliser si besoin uniquement. Cet herbicide n’est pas efficace s’il n’est pas intégré dans un schéma de désherbage complet”. Il est aussi utile de mentionner que la température a une influence sur l’efficacité de cette hormone. Pour obtenir une bonne action, la température doit être comprise entre 15 et 25°c. 

Schéma de protection herbicide

En ce qui concerne le reste du schéma de protection herbicide post-semis, rien ne change par rapport aux années précédentes. Les produits précédemment utilisés, à savoir Titus (rimsulfuron), Boa (penoxsulame), Kerb (propyzamide), Trend (isodécyl alcool éthoxylate), AZ 500 (isoxabène) et Frontier (diméthénamide-p) peuvent toujours être utilisés. Il est recommandé de les appliquer en combinaison et de manière fractionnée au sein des différentes applications de post-émergence. 

De même, il convient de limiter les doses appliquées lors des premiers désherbages de post-émergence. “Le Boa est une sulfonamide et les chicorées sont tolérantes aux sulfonylurés. Ce n’est pas la même famille chimique… Les variétés ne sont pas tolérantes au Boa. Il ne faut donc pas appliquer une dose trop importante après le semis”. 

Semer tôt et dans une terre fraîche

Les semis de l’année dernière nous ont appris qu’il est important d’avoir des terres quasiment prêtes avant le printemps. Cela offre la possibilité de semer tôt et dans des conditions humides. Les semis de 2025 ont, en effet, eu lieu tôt dans la saison. Il ressort que les plus belles levées sont celles des semis hâtifs, car la terre était fraîche et les températures suffisantes. Semer tôt reste donc le conseil donné par les ingénieurs de Cosucra. 

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On recommande de semer les chicorées tôt, dans une terre fraîche.

Une recherche continue de nouvelles variétés

Lors de cette réunion hivernale, nous en avons aussi appris plus sur les activités de Chicoline. Cette entité a pour mission de développer des variétés de chicorées à inuline, des cultivars utilisés comme substitut de café ainsi que des variétés pour l’agriculture biologique. “Nous souhaitons répondre aux attentes des industriels, mais aussi à celles des agriculteurs”, explique Bertrand Vandoorne, Innovation and R&D Manager chez Chicoline. Cette maison semencière est assez récente, puisqu’elle a été créée en 1986. La première variété a été commercialisée en 1994. L’entreprise a rapidement pris de l’ampleur pour devenir leader du marché de la semence de chicorées à inuline en 2001. Actuellement, ce ne sont pas moins de 40 différentes variétés qui sont commercialisées.

“La recherche pour obtenir des variétés sulfotolérantes a débuté en 2003. Ce n’est qu’en 2022, que notre première variété ALS, Soupir, a été mise sur le marché. Pour l’obtenir, nous avons cultivé des cellules sur un milieu riche en sulfonylurées pour obtenir une mutation. La tolérance a ensuite dû être transférée à d’autres variétés”. Ce travail scientifique de longue haleine permet à Chicoline de proposer actuellement plusieurs variétés tolérantes aux sulfonylurées (ALS). Récemment, deux nouvelles ont été inscrites au catalogue des variétés. Il s’agit de Kalani et Okali, deux cultivars présentant un bon potentiel de rendement, une bonne résistance à la montaison ainsi qu’à la pourriture. 

“La chicorée est une espèce robuste et qui demande peu d’intrants. Mais le semis est une étape compliquée et la croissance juvénile est assez lente. De plus, c’est une petite culture, pour laquelle peu de produits phytosanitaires sont disponibles. Sans oublier qu’elle est aussi confrontée au changement climatique”. La sélection essaye d’apporter des solutions à ces réalités de terrain. Ainsi, elle porte par exemple sur le développement de variétés enrobées avec un produit de biocontrôle. Ce dernier permettrait de se substituer aux produits classiques de traitement des semences.

D’autres pistes d’amélioration portent sur une croissance juvénile plus rapide, afin d’obtenir une couverture de sol moins lente après la levée et ainsi de réduire les possibilités d’installation des adventices. Citons également le souhait de proposer des cultivars hâtifs qui ne présentent pas de risque de montaison ou des chicorées au sein desquelles l’inuline ne se dégrade pas lors du stockage après arrachage. Chicoline innove donc continuellement pour préparer au mieux la filière aux défis de demain. 

Des perspectives favorables pour la filière

Pour clôturer la séance d’information, Eric Bosly, CEO de Cosucra, a mis en lumière les perspectives d’avenir du secteur de la chicorée industrielle. “Suite à l’usage de plus en plus fréquent des médicaments anti-obésité aux Etats-Unis, les Américains modifient leur régime alimentaire”. La réduction d’appétit provoquée par ces médicaments représente un élément négatif pour l’industrie alimentaire classique. Néanmoins, la demande en fibres alimentaires d’inuline est en croissance, car elles sont nécessaires pour le rééquilibrage de l’alimentation des personnes sous traitement. Cette situation profite au secteur de la chicorée industrielle, notamment à Cosucra, pour qui les États-Unis représentent une part significative des exportations de l’usine. Malgré le contexte commercial tendu entre les USA et l’Union Européenne, Cosucra est donc actuellement dans une dynamique positive. La situation de la chicorée à inuline apparaît ainsi plus favorable que celle observée dans d’autres filières agricoles.

Texte et illustrations : Antoine Van Houtte

Informations données à titre indicatif. Consultez toujours fytoweb.be/fr pour vérifier les autorisations d’utilisation des herbicides avant d’en faire usage !

Informations données à titre indicatif. Avant toute utilisation, assurez-vous que celle-ci est indispensable. Privilégiez chaque fois que possible les méthodes alternatives et les produits présentant le risque le plus faible pour la santé humaine et animale et pour l’environnement, conformément aux principes de la protection intégrée. Consultez toujours les conditions d’utilisation sur le site Phytoweb avant d’appliquer tout produit phytopharmaceutique et respectez toutes ces conditions même si les étiquettes des produits présents sur le marché ne sont pas encore adaptées à ces nouvelles dispositions. 

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