Après 18 mois de collaboration entre la Chambre d’agriculture du Nord-Pas-de-Calais, le CRA-W et Inagro, Prorob arrive à son terme avec la mise à disposition de quatre protocoles harmonisés permettant d’évaluer la robustesse des variétés de pommes de terre face aux défis environnementaux et climatiques actuels.
La culture de la pomme de terre occupe une place stratégique dans la région franco-belge, mais elle est confrontée à de nombreuses contraintes. La pression croissante des maladies, notamment du mildiou, les épisodes de sécheresse et de fortes températures, ainsi que la nécessité de réduire les intrants agricoles imposent le développement de solutions innovantes. Parmi celles-ci, le recours à des variétés robustes constitue un levier majeur pour renforcer la durabilité de la filière. En agriculture biologique notamment, le choix variétal représente aujourd’hui l’un des facteurs clés de la réussite de la culture.
Une dynamique transfrontalière déjà bien établie
Prorob s’inscrit dans la continuité de la convention « Pommes de terre bio robustes », qui réunit depuis 2018 des partenaires wallons et flamands autour de l’évaluation et de la promotion de variétés de pommes de terre plus résilientes. Depuis 2023, les partenaires français ont rejoint cette dynamique, renforçant ainsi la coopération à l’échelle de l’ensemble du territoire transfrontalier.
Des méthodes communes pour garantir une bonne comparabilité
Jusqu’à présent, les protocoles utilisés pour évaluer les variétés pouvaient varier selon les organismes et les régions, rendant les comparaisons difficiles. L’objectif principal du projet Prorob était donc d’harmoniser les méthodes d’évaluation au sein de la région transfrontalière afin de produire des résultats fiables, comparables et directement utiles aux sélectionneurs, aux producteurs et à l’ensemble des acteurs de la filière.
Quatre protocoles harmonisés au service de la robustesse
Les partenaires du projet ont développé quatre protocoles communs d’essais couvrant les principaux critères de robustesse des variétés de pommes de terre :
- la résistance au mildiou du feuillage et des tubercules : grâce à l’harmonisation des méthodes d’inoculation, d’observation et de cotation, permettant de comparer de manière fiable le niveau de résistance des variétés ;
- l’efficience d’utilisation de l’azote : à travers la définition d’indicateurs communs visant à identifier les variétés capables de valoriser efficacement l’azote disponible tout en préservant leur potentiel de production ;
- la tolérance au stress hydrique : par l’établissement de critères de référence permettant de caractériser la capacité des variétés à maintenir leurs performances en conditions de déficit hydrique ;
- le rendement et la qualité de la récolte : via l’harmonisation des méthodes d’évaluation de la productivité, du calibre des tubercules et de la teneur en matière sèche.
Une formation commune des agents techniques et des expérimentateurs a également été organisée afin d’harmoniser les pratiques futures d’analyse de la qualité culinaire des variétés.
Une avancée pour toute la filière pomme de terre
Les protocoles développés dans le cadre de Prorob constituent désormais une base commune pour l’évaluation des variétés robustes à l’échelle de la région transfrontalière. Ils permettront d’améliorer la connaissance du comportement des variétés face aux stress biotiques et abiotiques et d’accompagner leur intégration dans des systèmes de production plus durables.
En renforçant la coopération entre les acteurs de part et d’autre de la frontière, le projet contribue à préparer une filière pomme de terre plus résiliente et mieux armée pour répondre aux enjeux climatiques, environnementaux et économiques de demain.
Source : Centre wallon de Recherches agronomiques (CRA-W)

