Marc van Leeuwen effectue une prestation de service avec un andaineur à tapis depuis l’année dernière. À l’avant de son New Holland t7040, on retrouve un Reiter Respiro R3 profi. À l’arrière, c’est un SIP Air 500T qui prend place. “Cette activité d’entreprise agricole est un hobby. À côté de cela, je suis aussi actif dans l’immobilier et je réalise des nettoyages de caillebotis des hangars de pommes de terre avec des robots auto-construits. J’ai quelques clients et j’andaine chez mon frère qui a une exploitation laitière”.
“J’avais auparavant un andaineur Vicon Andex 1504 à 4 rotors de 15 m. L’année dernière, j’ai utilisé un andaineur à tapis Reiter de location. Je souhaitais essayer cela pour ramasser moins de terre. Pour les légumineuses, comme la luzerne et le trèfle, cela permet de bien ramasser toutes les feuilles et d’éviter de les casser. Le but est donc de pouvoir récolter un fourrage de qualité. De plus, j’aime la nouveauté. Cette année, j’ai acheté aux enchères une combinaison avec un andaineur frontal Reiter et un andaineur arrière SIP. L’avantage de l’achat en occasion et aux enchères, c’est que ce n’est pas un trop gros investissement. C’est donc possible de modifier ou de revendre si ça ne convient pas et ce, sans perdre trop d’argent”.

Préserver la qualité lors de l’andainage
Marc van Leeuwen se déplace à une heure de tracteur autour de Mons pour aller chez ses clients. “Je mets en andains de la luzerne, de l’herbe ou encore des méteils. Pour l’anecdote, chez un client où j’ai andainé 35 ha, j’ai réalisé des andains particulièrement volumineux. Si bien que l’ensileuse n’a pu les reprendre qu’à une vitesse d’environ 7 km/h. Malgré cela, le chantier d’ensilage a été réalisé trois heures plus rapidement que lorsque la même superficie est mise en andains avec un double andaineur. Mon client m’a confié que ce gain de temps compensait largement le coût de ma prestation. Il m’a d’ailleurs assuré que je pourrais revenir, avant même d’avoir reçu les résultats de l’analyse de son herbe.
“Chez mon frère, il y a pas mal de prairies sur sols sableux et ce type de sol à tendance à apporter plus facilement des cendres. Bien entendu, la teneur en matière sèche influence aussi fortement ce paramètre. Au plus un fourrage est humide, au plus de la terre auront tendance à y adhérer”.
Pour chiffrer les pertes liées à la présence de cendres, une analyse de fourrages a été réalisée. “C’est la teneur en cendres de deux silos qui a été analysée. L’un a été andainé avec un andaineur classique et l’autre avec l’ensemble à tapis. Sans surprise, il y avait plus de cendres dans le silo où j’ai andainé de manière classique. Ramené à une ration à 5 kg de MS d’herbe par vache et par jour, il y a une différence de 90 VEM et 18 g de DVE. La perte potentielle atteint alors 0,5 l de lait par vache et par jour. Sur une année, pour un troupeau de 100 vaches, cela pourrait donc représenter une perte économique potentielle d’environ 7 000 €, ce qui n’est pas négligeable”.

Sans oublier que même en fin de saison, si le fourrage est humide, il est possible de le regrouper sans prendre de terre avec. “Il est aussi possible de déplacer des andains sans les contaminer avec de la terre. Il est même envisageable de décaler l’herbe des tâches humides, pour que l’ensileuse ne doive pas passer dedans. Un autre avantage est qu’on ne roule pas sur la matière et on ne ramasse pas de cailloux… Bref, ça fait un autre travail qu’un andaineur classique”.
Rotor de petit diamètre
“Les deux machines ont le même rotor de ramassage. Sa particularité est qu’il a un petit diamètre, ce qui permet au fourrage de monter en ligne droite sur le tapis. Il y a aussi un ameneur au-dessus du pick-up”. D’ailleurs, le pick-up sans came est flexible, ce qui assure un bon suivi du sol. Sous la machine, on retrouve des patins rotatifs qui s’adaptent aux irrégularités du terrain. “D’une manière générale, SIP est plus léger que Reiter. Néanmoins, les patins sont mieux chez Reiter, car ils sont plus plats et ils suivent mieux le sol”.


Débit de chantier limité
“Malheureusement en tapis, il n’y a pas encore vraiment de machine large sur le marché. J’aimerai avoir une combinaison d’une plus grande largeur pour augmenter mon débit de chantier. Avec ma combinaison actuelle, je peux regrouper le fourrage sur une largeur de maximum 8 m en plus de la largeur de l’andain. Je peux faire entre 3 et 4 hectares en une heure en fonction de la forme des parcelles… Avec mon andaineur à 4 toupies, mon rendement horaire était de 6 ha/h […]. Je sais donc faire moins de clients sur une journée, et c’est parfois plus difficile de planifier les chantiers. De plus, c’est plus difficile à tirer que mon ancien andaineur 4 toupies, et ça demande donc plus de carburant pour faire le travail”.
Par rapport à un andaineur classique, Marc van Leeuwen tient à souligner la plus grande complexité de réglages et d’utilisation des andaineurs à tapis. “Je dois encore apprendre à rouler avec ma nouvelle combinaison. L’année dernière, j’avais un double andaineur à tapis à l’arrière et c’était plus facile qu’avec le SIP que j’ai maintenant. La machine arrière est fort encombrante en bout de champ. Son essieu est décalé et dans certaines situations, la machine pourrait se retourner”.

Complexité des réglages
Sans oublier que “beaucoup de réglages peuvent être apportés et il faut de l’expérience pour savoir comment régler la machine”. Ainsi, il est possible de régler la vitesse du tapis, des ramasseurs, de modifier la hauteur de ramassage ou encore la pression au sol. “Par exemple, si le tapis va trop vite, ça a tendance a faire des paquets et donc des andains irréguliers”.
Pour faciliter le travail, les commandes ont été repensées. “J’ai modifié les commandes. Je peux maintenant utiliser une télécommande qui est plus facile que de passer par le terminal du SIP. Ici, j’ai toujours la télécommande en mains et je peux bouger l’andaineur arrière comme je veux. J’envisage de monter des commandes avec une pédale, car quand je roule, mes mains sont prises alors que mes pieds sont libres”. Un autre équipement ajouté par Marc van Leeuwen est un système de caméras sur l’andaineur frontal. “Elles me permettent de voir les voitures et ce qu’il y a dans la machine. Sans elles, la visibilité est très mauvaise”.

Maintenance limitée
En ce qui concerne la maintenance, “il n’y a rien de spécial. Le pick-up ne demande pas d’entretien particulier. Il faut juste graisser les articulations et le tapis. Il y en a pour environ 20 minutes […]. Avec la machine frontale, le radiateur est à souffler plus souvent […]. Mais d’une manière générale, c’est moins fragile qu’un andaineur classique. Ici, on ne sait pas accrocher les bras. Il n’y a pas de dents qui cassent. Les strippers du pick-up sont en plastique, ce qui est un avantage, car ils ne se déforment pas”.

“Pour être honnête, je ne suis pas encore content de mon ensemble. C’est plutôt pour innover… Il faut du temps pour mettre en place et généraliser l’utilisation de cette nouvelle machine. Elle permet de limiter la teneur en cendres des fourrages et forme des gros andains qui réduisent le temps nécessaire pour ensiler. Ceux qui innovent prennent toujours le vent de face”.

Texte et illustrations : Antoine Van Houtte

