Dans la région de Lessines, Quentin Carton-Delcourt et Luc Vanderspeeten ont mis en service ce printemps un nouveau combiné de fauche Claas Disco 9300 Direct Swather. La particularité de cette faucheuse papillon de 9,1 m est qu’elle est équipée d’une vis sans fin permettant de regrouper le fourrage en un andain central. Cette machine est typiquement utilisée par les éleveurs laitiers qui recherchent avant tout un fourrage de qualité.
“J’ai acheté la faucheuse avec mon oncle qui a une entreprise de travaux agricoles. La faucheuse a déjà travaillé environ 400 ha. Elle est utilisée à 50 % sur mon exploitation et à 50 % pour l’entreprise agricole”, explique Quentin Carton-Delcourt. “Je suis satisfait par les nombreuses demandes que je reçois grâce à la présence du groupeur à vis. Nous sommes les premiers dans la région à proposer cette prestation et ça permet de nous distinguer […]. J’espère arriver à un total de 600 ha en fin d’année”. La faucheuse a été achetée chez le concessionnaire Delacenserie SRL à Ogy. “J’étais déjà client chez eux et je suis satisfait de leur service. C’est une petite boîte qui reste familiale”.

Groupeur à vis conique
Après avoir consulté plusieurs marques, c’est finalement Claas qui a été choisi. “Sur beaucoup de faucheuses avec un groupeur à tapis, le châssis se déchire, car c’est très lourd. Je souhaitais donc un groupeur à vis, moins lourd et moins long. Sur le marché, il n’y a que Claas qui propose une vis sans fin conique. Le diamètre est plus important, au plus on se rapproche de l’andain et du tracteur. Je trouve ça important, car c’est là qu’il y a le plus de marchandise”. Le convoyeur à vis est donc conçu avec un diamètre augmentant de manière conique vers le centre de la faucheuse. De plus, la distance régulière par rapport au lamier limite les pertes de ramassage. “Malheureusement, avec un groupeur à vis, il n’est pas possible d’avoir un conditionneur. Mais finalement, ça ne pose pas de problème de qualité du fourrage”.
En plus de l’éparpillage complet du fourrage et de la fauche avec dépose d’andain central, il est aussi possible de travailler avec un andainage unilatéral. “Il n’y a alors qu’une seule vis qui travaille. C’est utile pour faucher des bords de champs. Grâce à cela, il ne faut pas aller trop près des bords ou des clôtures avec la faneuse et l’andaineuse. Avec les vis, les andains ne sont pas tressés, contrairement à un andaineur à tapis”. Mentionnons aussi que le couteau et contre-couteau à la sortie de la vis sans fin empêchent l’accumulation de produit coupé et garantissent ainsi un travail sans bourrage.

Débit de chantier
La Claas Disco 9300 Direct Swather a une largeur de travail de 9,1 m. “C’est déjà pas mal pour la région. Dans les collines, il y a des petites parcelles à faucher, c’est pourquoi je ne prendrais pas plus large. En position repliée, la hauteur est déjà assez importante. Pour passer sous certains ponts, il faut faire attention”.
Le débit horaire moyen est d’environ 5 ha/h. “Le débit de chantier dépend forcément de la forme des parcelles. Quand le champ est détouré, il est possible de faire jusqu’à 7 ha/h […]. Pour l’instant, le facteur limitant est le tracteur. Le John Deere 7920 qui développe 230 ch me permet de rouler à 14-15 km/h. C’est lui qui limite le débit. En fin de saison, je vais atteler le combiné sur un John Deere 7r290 dans l’optique de voir s’il est possible d’augmenter le débit de chantier. Ce tracteur sera doté d’un joystick Isobus. Cet équipement va sûrement rendre l’utilisation du combiné encore plus agréable […]. En plus, ce qui serait pratique, ce serait d’avoir un ventilateur réversible sur le tracteur. Beaucoup de pollens se collent sur le radiateur et il faut le souffler tous les jours”.
Polyvalence
Dans l’ensemble, Quentin Carton-Delcourt se montre satisfait de son ensemble de fauche avec tracteur. “La faucheuse Isobus est pilotée depuis un terminal Claas monté en cabine. “C’est super facile à prendre en mains […]. Sans oublier que le tracteur est maniable et confortable. Malheureusement, il reste un peu monopolisé par la faucheuse, car on travaille beaucoup avec le combiné. Mais un tracteur reste plus polyvalent qu’un automoteur de fauche”.
La Disco Direct Swather est utilisée pour faucher de l’herbe, des méteils, du seigle, de la luzerne et du sorgho. “J’ai récemment fauché un mélange bio de méteil composé d’avoine et de vesce. C’était aussi haut que les pneus du tracteur. Quand on voit que ça passe dans la machine, c’est impressionnant […]. La faucheuse passe dans toutes les cultures”. Sans oublier que les réglages sont très faciles. “Il y a une flèche rouge sur chaque lamier qui permet de voir si la Claas Disco 9300 Direct Swather est bien plate”. Néanmoins, un petit bémol du lamier Max Cut concerne la qualité de coupe. Ma précédente faucheuse était équipée de trois couteaux par assiette. La hauteur de coupe était plus régulière. Avec la Claas, c’est un peu moins bon… Mais ce n’est pas trop grave, car ce qui n’a pas été fauché sera récupéré à la coupe suivante”.
Récolter de la qualité
Concernant les options présentes, le machine est dotée de patins permettant de couper plus haut : “La hauteur de coupe est de 6 cm. Ça permet d’avoir une meilleure repousse de l’herbe. Faucher à la bonne hauteur est important pour récolter de la qualité et permettre une bonne repousse”. Sans oublier, que faucher plus haut réduit la teneur en impuretés récoltées. La Claas Disco 9300 Direct Swather a donc l’avantage de limiter la présence de cendres dans le fourrage. De plus, “le regroupeur à vis ne ramasse pas les résidus présents sur le sol, comme des restes de lisier séché.

“En tant qu’exploitation laitière, nous visons un fourrage de qualité. La vis permet de regrouper les petites coupes tout de suite. Ça évite de perdre du temps à devoir effectuer un passage supplémentaire avec l’andaineur. Je fane uniquement ma première coupe. Pour les coupes suivantes, je fauche avec le groupeur. 24 h après avoir été fauchée, l’herbe est ensilée […]. Certains de mes clients ramassent l’herbe en boules enrubannées. Ils laissent alors l’andain deux jours à terre avant de presser”.

Faucheuse frontale
La faucheuse frontale utilisée est une Claas Disco 3200 FC Profil. “Je n’ai pas pris la machine frontale proposée avec les faucheuses arrière. J’ai fait le choix d’une faucheuse avec une tête classique. Elle n’a pas de dispositif particulier pour suivre le relief du sol. Il y a juste deux ressorts de suspension, mais elle suit bien le terrain. Ce que je cherchais, c’était la polyvalence et un ensemble qui permet de s’y retrouver par rapport au prix d’achat, tout en étant rentable”.
De plus, la faucheuse frontale est dotée d’un conditionneur. “Il permet de réduire la largeur de l’andain, ce qui permet aux pick-ups des presses de les ramasser”. Pour améliorer la visibilité sur la route, Quentin Carton-Delcourt envisage d’installer des rétroviseurs ou des caméras sur la Claas Disco 3200 FC Profil. Comme la faucheuse frontale a été achetée à part, il n’est pas possible de connaître le nombre d’hectares réellement fauchés depuis le terminal. “Ce n’est pas trop grave, car je facture la prestation à l’heure de travail. Je calcule donc moi-même le nombre d’hectares travaillés pour réaliser les entretiens au bon moment”.
Préserver la faune sauvage
Enfin, pour préserver la faune sauvage et la santé des troupeaux, l’éleveur fait souvent appel à l’ASBL Sauvons Bambi. “Ils passent avec un drone au-dessus de la parcelle avant que je ne fauche”. L’ASBL détecte les faons, levrauts et oiseaux nichant au sol à l’aide d’une caméra thermique. Ils peuvent alors être déplacés et la parcelle peut alors être fauchée en toute quiétude. “L’absence de cadavres dans les andains évite l’apparition de botulisme dans le fourrage. Je sensibilise aussi mes clients afin qu’ils fassent appel à ce service gratuit”.
Texte et illustrations : Antoine Van Houtte

