Les transformateurs laitiers belges ont dû relever un défi titanesque au cours de l’année écoulée. Dans un contexte de marché difficile, caractérisé par des volumes de lait plus élevés que prévu, une concurrence internationale et des coûts en hausse, ils ont continué à collecter, transformer et valoriser au mieux le lait. Cela a exigé une grande flexibilité et une grande résilience.
Toutefois la baisse des investissements et de l’emploi est un signe avant-coureur d’une compétitivité sous pression. Dans le même temps, la Confédération Belge de l’industrie Laitière (BCZ-CBL) entrevoit encore de belles opportunités pour l’avenir : la demande en aliments riches en protéines augmente, certaines catégories de produits laitiers regagnent en popularité et les perspectives à long terme restent positives sur le marché mondial. « La compétitivité du secteur laitier est clairement mise à rude épreuve », déclare Lien Callewaert, directrice de la CBL. « Les transformateurs laitiers font preuve de résilience face à une réalité de marché difficile, mais demandent aux pouvoirs publics de leur donner un coup de pouce afin de construire ensemble une filière laitière tournée vers l’avenir, durable et ancrée localement. »

Une tâche herculéenne pour les transformateurs laitiers face à une réalité de marché difficile
En raison des restrictions environnementales croissantes, mais aussi des défis liés à la succession des exploitations et des inquiétudes liées à la sécurité de l’emploi dans l’élevage laitier, les entreprises laitières se préparaient à une baisse attendue des livraisons de lait en 2025. Avec 22 millions de litres de plus que l’année précédente, la production laitière a toutefois atteint 4,376 milliards de litres en 2025. C’est surtout au cours du second semestre que les livraisons ont fortement augmenté, avec en décembre des livraisons de lait même supérieures de 12 % à celles de l’année précédente.
Les prix du lait élevés, les coûts relativement bas, la grande qualité du fourrage grâce à des conditions météorologiques favorables et le décalage du cycle de vêlage dû à l’épidémie de fièvre catarrhale ovine se sont avérés être les principaux moteurs de cette évolution. La forte augmentation de la production ne s’est pas limitée à la Belgique, mais s’est également manifestée à l’échelle européenne, voire mondiale, ce qui a mis le marché laitier sous pression et entraîné une baisse des cotations. Malgré ces conditions de marché difficiles, les transformateurs laitiers belges ont fait preuve d’une grande flexibilité et d’une grande résilience en collectant et en transformant ces volumes de lait exceptionnellement élevés. Dans le contexte actuel, il s’agit d’une tâche herculéenne que de parvenir à une bonne valorisation de ces quantités supplémentaires.
La compétitivité et la rentabilité des transformateurs laitiers sous pression
Le chiffre d’affaires des transformateurs laitiers continue d’augmenter régulièrement pour atteindre 7,9 milliards d’euros en 2025. Le secteur représente ainsi plus de 9 % de l’ensemble de l’industrie alimentaire, qui est elle-même le plus grand secteur industriel de Belgique. Il est toutefois préoccupant de constater que, pour la deuxième année consécutive, les investissements diminuent pour s’établir à 167 millions d’euros en 2025. L’emploi a également baissé de 3,4 % l’année dernière. Les investissements suivent la compétitivité, et celle des transformateurs laitiers belges est mise à mal dans un contexte de hausse des coûts, de concurrence internationale et de forte pression réglementaire.
« Un maillon de transformation solide et rentable est toutefois essentiel pour préserver l’ancrage local de la filière laitière. Les éleveurs laitiers et les transformateurs laitiers sont étroitement liés au sein d’une chaîne dont les maillons fonctionnent comme des vases communicants. Ce n’est que si l’industrie de transformation peut fonctionner de manière suffisamment compétitive et rentable que l’ensemble de la filière laitière pourra être durable et tournée vers l’avenir », prévient Lien Callewaert.
Les perspectives d’avenir du secteur laitier restent solides
Pourtant, les opportunités pour le secteur laitier restent intactes, tant chez nous qu’à l’échelle mondiale. L’intérêt croissant pour les aliments riches en protéines offre des opportunités au secteur laitier, car le lait et les produits laitiers constituent une source naturelle de protéines de haute qualité. La consommation de yaourt et de fromage blanc frais est déjà en hausse : la consommation à domicile en Belgique a augmenté respectivement de 5,5 % et 8,5 %, selon une récente étude du VLAM. Par ailleurs, les perspectives à moyen terme restent positives à l’échelle mondiale, grâce à une population mondiale croissante et à la hausse des revenus dans les régions en croissance économique.
Une politique forte est nécessaire pour maintenir la transformation laitière en Belgique
La CBL demande aux responsables politiques de soutenir au maximum la compétitivité des transformateurs laitiers et, par conséquent, de ne pas imposer au secteur de taxes ou de contributions supplémentaires, comme celles liées par exemple au problème des déchets sauvages.
«Renforcer la compétitivité et la création de valeur de l’industrie laitière est aujourd’hui un enjeu majeur pour garantir la pérennité de l’ensemble de la filière dans notre pays.» déclare Sébastien Buytaert, président de la CBL. «Pour y parvenir, une collaboration étroite entre tous les acteurs est indispensable. Dans ce contexte, nous comptons plus que jamais sur un engagement fort des autorités politiques, tant pour promouvoir les qualités nutritionnelles de nos produits que pour encourager leur consommation quotidienne. Cet accompagnement est déterminant pour assurer un avenir solide et compétitif à toute la filière», conclut le président.
« Les entreprises de transformation laitière constituent un maillon important de notre filière. Pour améliorer la valorisation de la production et sécuriser durablement le revenu des agriculteurs, il est nécessaire d’augmenter la valeur ajoutée de nos produits, de transformer davantage notre matière première et d’accroître la part de nos produits sur le marché intérieur afin de réduire notre dépendance au prix mondiaux. J’y travaille notamment avec la création d’une marque forte, une marque faîtière qui permettra aux consommateurs d’identifier les produits de chez nous, ainsi qu’au travers d’une meilleure structuration des filières profiteront de cette visibilité. », dit la ministre wallone de l’Agriculture, Anne-Catherine Dalcq.
Source : CBL

