L’entreprise Tasiaux Frères S.R.L basée à Éghezée, en province de Namur, propose depuis ce printemps une prestation de semis de tournesols. Elle répond au développement wallon d’une filière qui a pour finalité la fabrication d’huile alimentaire, tout en favorisant les circuits courts et la consommation locale. Peu gourmande en intrants, cette culture répond aux demandes de développement durable et de diversification agricole.
“Suite à plusieurs demandes provenant de nos clients, nous avons acheté des disques pour pouvoir semer du tournesol avec notre semoir Monosem NG Plus 4 pneumatique. Cela nous a demandé peu d’investissement et nous avons donc franchi le pas pour proposer le semis de cette nouvelle culture”, nous explique Sylvain Tasiaux. “En plus des disques, il faut changer les réglages du sélecteur de graines, de la profondeur et du recouvrement. Il a fallu le temps de trouver les bons réglages, mais après quelques essais, ça s’est très bien passé”, nous a confié Etienne Tasiaux, le chauffeur du semoir.


Un contexte favorable au tournesol
Le tournesol est une plante qui devient intéressante en Wallonie suite au changement climatique. Ainsi, les variétés précoces nécessitent 1 500 degrés-jour en base 6°C pour clôturer leur cycle de développement. On observe justement une augmentation de la fréquence d’apparition de ces conditions depuis 25 ans. De plus, cette culture est adaptée aux périodes de chaleur et de sécheresse estivales. Elle tolère le stress hydrique, situation qui se manifeste de plus en plus fréquemment chez nous.
À noter également que le Centre wallon de Recherches agronomiques (CRA-W) a identifié des variétés adaptées à nos conditions pédoclimatiques et aux ravageurs auxquels nous sommes confrontés. De plus, des herbicides, insecticides et fongicides sont désormais agréés pour être utilisés dans cette culture. La logistique de réception et de traitement des semences ainsi qu’un débouché de trituration locale des graines s’est aussi mis en place chez nous. Sans oublier que le tournesol fait partie de la famille botanique des Astéracées, un groupe qui n’est que peu représenté dans les rotations. Bref, toutes les conditions semblent réunies pour le développement wallon de cette culture qui était, il y a encore seulement quelques années, typique du sud de la France.


Semis
Les agronomes recommandent de semer le tournesol le plus tôt possible au mois d’avril dans un sol suffisamment réchauffé (température de 8°C à 5 cm de profondeur). De plus, après plusieurs années d’essais menés par le CRA-W, les chercheurs ont déterminé que l’écartement idéal est de 45 cm. En effet, les semis espacés de 75 cm avec une densité équivalente entraînent une perte de rendement. “L’inter-rangs de 45 cm facilite aussi le sarclage mécanique de la culture, ce qui contribue à la réduction des interventions phytosanitaires”.

Le semoir de Tasiaux Frères S.R.L sème 12 rangs de tournesols espacés de 45 cm. “La densité de semis de la parcelle est de 88 000 plants/ha”, nous expliqué Etienne Tasiaux. Cela correspond à la densité recommandée qui est de 9 à 10 plantes/m². La profondeur de semis optimale est, quant à elle, de 5 cm.


Récolte
Pour le moment, l’entreprise n’est pas encore équipée pour récolter les graines de tournesol. “Ce n’est que le début de la culture et il faudra voir comment cela va évoluer. Je n’exclus pas un futur investissement si les emblavements prennent de l’ampleur et qu’il y a de l’engouement. Pour cette année, certains vont essayer de récolter avec un bec pour le maïs grain”, nous explique Sylvain Tasiaux. “D’autres vont récolter avec une barre de coupe traditionnelle à céréales”, nous a confié Etienne Tasiaux. “Mais il est reconnu qu’il faut utiliser une allonge à tournesol pour limiter les pertes”. La mécanisation de la récolte de cette nouvelle culture prometteuse sera donc un probable prochain challenge pour les entreprises agricoles.

Texte et illustrations : Antoine Van Houtte
Sources : SCAM et Centre wallon de Recherches agronomiques

