Le travail dans les espaces naturels impose parfois de grands défis aux entrepreneurs. Heerebeek Cultuurtechniek est une entreprise qui travaille principalement pour des organisations de gestion de la nature. Elle fauche notamment de l’herbe qui doit ensuite être ramassée. Leurs remorques autochargeuses étaient déjà équipées d’un tandem à huit roues, mais cela ne leur permettait malgré tout pas d’aller suffisamment loin en automne et en hiver. Une solution a finalement été recherchée et trouvée auprès de Bull Engineering & Manufacturing.
Dave van Heerebeek est le dirigeant de l’entreprise qui porte son nom. Il explique qu’ils utilisent deux remorques autochargeuses Krone dans des zones naturelles. « Elles sont équipées de huit roues. Nous avons constaté que nous ne pouvions toujours pas poursuivre nos travaux assez longtemps. Nous n’avons pas trouvé de solution adaptée, mais nous avions déjà l’idée qu’il faudrait quelque chose avec des chenilles en caoutchouc, qui puisse également circuler sur la route. Finalement, notre entreprise locale de mécanisation nous a parlé de Bull Engineering & Manufacturing et je les ai contactés. »
Chenilles Terra Trac
Meindert Bunt, dirigeant de Bull, poursuit l’histoire : « Dave avait comme exigence que la pression au sol soit la plus faible possible et qu’il puisse rouler sur la route avec la remorque autochargeuse à une vitesse normale. Pour cela, il fallait également rester dans une largeur inférieure à trois mètres. Je m’étais déjà penché sur le sujet et je pensais à un concept comparable à celui des Terra Trac de Claas. Finalement, la meilleure solution a été d’acheter des chenilles Claas Terra Trac. »
Dave Heerebeek avait toutefois une troisième exigence : « Le châssis devait également pouvoir être démonté afin que nous puissions remettre les roues pendant les saisons plus sèches. » Cela a obligé Bunt à adapter l’ensemble Claas : « Nous avons fait en sorte que toute l’hydraulique et les éléments associés soient intégrés dans une unité frontale portée par le relevage avant. En effet, la remorque autochargeuse est entraînée hydrauliquement via la prise de force avant. Au départ, nous voulions travailler avec une conduite passant sous le tracteur, mais cela présentait trop de risques. Nous avons donc choisi de faire passer un flexible le long du tracteur. Tout est démontable, ce qui est assez unique. Il n’y en a qu’un seul exemplaire qui roule ainsi aux Pays-Bas. »
Grâce aux Terra Trac, la remorque peut rouler à 40 km/h, elle est équipée de freins pneumatiques et est homologuée pour la circulation routière. L’unité frontale permet également de déplacer vers l’avant le poids qui reposerait normalement sur la remorque, ce qui améliore la répartition des masses.
Première fois au champ
« La première fois au champ a été un moment assez stressant », raconte Heerebeek. « Entre-temps, six mois s’étaient écoulés. Nous avons récupéré la remorque autochargeuse et nous avons commencé les essais sur une parcelle test. Cette parcelle n’était pas assez humide pour effectuer un test extrême, mais les premières impressions étaient déjà bonnes. Nous avons vu des zones où l’autre châssis n’aurait pas permis de passer. La remorque a parfaitement fonctionné. Ensuite, nous sommes allés sur une parcelle très humide. Une autre entreprise, équipée de la même remorque avec un essieu à huit roues, s’y est retrouvée bloquée. Nous avons, nous, continué à avancer avec nos chenilles motorisées. C’est là que la grande différence est apparue. »
Tracteur sur chenilles
La remorque est remarquable, mais le tracteur n’est pas en reste. Le Fendt est lui aussi entièrement équipé de chenilles. Cette adaptation a demandé moins de travail, car il s’agit d’un concept existant. « Avec cette combinaison, nous pouvons rouler sur chenilles en automne et en hiver, puis au printemps nous repassons le tracteur et la remorque sur pneus », explique Heerebeek. « De cette manière, nous conservons également la plus grande capacité dans des conditions plus sèches. Nous avons d’ailleurs encore une deuxième remorque qui reste équipée de roues. »

Texte : Seppe Deckx · Illustrations : Heerebeek Cultuurtechniek et constructeur

