À Léglise, en province de Luxembourg, Julien Lapraille a mis en service ce printemps un Kverneland Optima SX. Il s’agit du premier semoir équipé du dispositif Geoforce en Wallonie. Cette machine de précision à 8 rangs est aussi associée à la seule trémie frontale f-drill belge dotée d’un système de pesée, l’ensemble étant entièrement compatible Isobus.
L’entreprise JCO Lapraille se déplace dans un rayon d’environ 65 km autour de Léglise pour effectuer des semis de maïs. Julien Lapraille implante chaque année environ 350 ha de cette culture. Le système de surpression du Kverneland Optima SX Geoforce permet à l’entrepreneur de semer avec précision à une vitesse élevée. “Le semoir est principalement utilisé pour semer du maïs…. Mais j’envisage peut-être aussi de l’utiliser pour semer du colza à l’avenir”.

Semoir à pression
“Pour remplacer mon semoir à maïs précédent, je cherchais une machine capable de faire du semis de précision de manière rapide”, nous explique Julien Lapraille. “Les semoirs à surpression permettent cela, mais peu de constructeurs en proposent. Avec l’Optima SX, Kverneland a dans sa gamme un semoir à surpression capable d’exercer la plus forte pression sur les éléments semeurs du marché. Je trouvais ça important, car je sème dans des terres très hétérogènes. Le système de maintien de la profondeur Geoforce a donc toute sa raison d’être. La proximité du concessionnaire et la reprise de mon ancien semoir ont aussi joué dans mon choix”.

L’élément semeur SX grande vitesse permet de travailler théoriquement jusqu’à 18 km/h, tout en conservant un placement de semences précis. “Je sème à 16 km/h dans les lignes et à 12 km/h pour les bords. J’ai déjà semé une parcelle de 10,8 ha en moins d’1h20. On peut donc dire que le semoir permet d’atteindre un débit de chantier important”.
Grâce au cœur semeur pressurisé, les semences sont prises en charge par une pression d’air et envoyées dans le sillon par le tube de descente à une vitesse de 70 km/h. Cette pression évite les imprécisions engendrées par la descente de la graine par gravité entre le point de chute et le sillon. Le système haute pression projette les graines sur le sol. “Une roue est présente pour stopper la chute des graines et rappuyer tout de suite les semences. On garde donc un bon espacement des graines dans la ligne”.

Geoforce
Sur l’Optima SX, chaque rang de semis est entraîné électriquement par sa connexion Isobus. Aucun générateur ou autre source d’énergie supplémentaire n’est nécessaire. L’entraînement électrique e-drive II rend aussi le semoir compatible avec les fonctionnalités Geocontrol, Geoseed et Geoforce. Grâce au système Geoforce, la profondeur de semis reste égale partout dans la parcelle, même avec les variations du type de sol.
“Le semoir adapte automatiquement et individuellement la pression sur chaque élément. Il y a des capteurs d’effort sur les roues de jauge qui envoient un signal au vérin de lestage pour corriger la pression appliquée”. De cette manière, le Geoforce permet de conserver une profondeur de semis identique sur l’ensemble de la parcelle, indépendamment de ses hétérogénéités. Dans les zones où la terre est légère, le système déleste chaque élément individuellement, tandis qu’il augmente la pression en cas de travail dans des zones ayant une terre plus lourde. La pression souhaitée se règle depuis le terminal Isobus présent en cabine.
De plus, le Geoforce corrige également le poids de l’élément semeur selon le niveau de remplissage de la trémie. “Ce dispositif permet d’avoir des levées homogènes, ce qui est important pour limiter les dégâts des sangliers qui sont fréquents dans la région”.

Geoseed
Ensuite, le semoir de l’entrepreneur est aussi équipé du Geoseed. Grâce à ce dernier, il est notamment possible de positionner les graines en quinconce. Cela garantit que les semences sont distribuées de manière uniforme sur la parcelle. En améliorant la distribution spatiale des graines, Geoseed a un impact positif sur l’accès aux ressources clés pour les plantes, telles que les nutriments, l’eau et la lumière.
Sans oublier qu’avec le Geocontrol, chaque élément semeur est automatiquement activé ou coupé afin d’éviter tout recouvrement dans la parcelle sur les passages précédents. Cette fonction est particulièrement intéressante dans des champs à forme géométrique complexe, en bordure et en pointe. Il est ainsi possible de faire des économies de semences grâce à ce dispositif de coupure de sections GPS rang par rang.
Application de trois produits
En plus des graines, l’ensemble de semis de JCO Lapraille est capable d’appliquer des engrais et des micro-granulés insecticides. Ce sont donc trois ‘produits’ différents qui sont placés lors du semis avec le Kverneland. “La trémie frontale f-drill permet d’apporter de l’engrais qui est placé sur le côté des lignes. Elle est gérée indépendamment du semoir. Les deux doseurs me permettent de réaliser des coupures de sections selon deux tronçons. Je peux donc couper la distribution d’engrais sur la moitié de la largeur de travail, à savoir sur quatre rangs.
Je suis pour l’instant le seul à avoir un système de pesée sur ma trémie frontale. C’est un outil polyvalent qui pourrait, à l’avenir, aussi être utilisé sur un combiné pour semer mes céréales. Elle permet d’équilibrer le poids de l’ensemble sur le tracteur. Les roues positionnées sous la trémie se lèvent automatiquement en bout de ligne. Je ne dois pas m’en occuper. Je peux charger 2,4 t d’engrais dans la f-drill. Quand tout est chargé, j’ai une autonomie pour semer 12 ha”.


Concernant le microgranulateur, il est lié aux éléments de semis et il y a alors une coupure de section individuelle, qui suit la Section Control des semences. “Dans les trémies de 17 l, je place souvent des insecticides selon les demandes des clients. C’est intéressant quand il faut semer du maïs après une prairie, pour lutter contre les taupins”.
Précision
Ensuite, des capteurs individuels sur chaque élément détectent les grains réellement implantés. “Il est possible de faire un test en stationnaire avant de débuter le semis. Le semoir simule alors une vitesse d’avancement et on voit en cabine le pourcentage de double ou de manque. Il est donc possible d’adapter le réglage de l’espacement dans la ligne sur le semoir afin d’arriver à la densité de semis souhaitée. On arrive à 95 % de précision”, nous explique l’entrepreneur.
“Je suis satisfait de mon achat, même s’il y a eu quelques bricoles au démarrage. Mon concessionnaire Burlet Frères est intervenu rapidement et les soucis ont été résolus sans délai. D’une manière générale, la prise en main du semoir s’est bien passée. Au début, un petit temps d’adaptation est nécessaire. Mais, une fois qu’on a compris comment il fonctionne, il est simple à mettre dans les mains d’un autre chauffeur. En 15 minutes, il est possible de mettre quelqu’un en route”, conclut Julien Lapraille.
Texte et illustrations : Antoine Van Houtte

