Agri Poppe, connu pour son système AP Lift destiné à être installé sur des arracheuses à pommes de terre existantes, transpose désormais ce principe d’arrachage à la culture de l’oignon. L’entreprise a d’abord testé le système sur une arracheuse d’oignons existante. Selon Agri Poppe, les premières expériences sont prometteuses. L’entreprise va désormais plus loin avec une arracheuse d’oignons entièrement nouvelle de 2,25 mètres. Non seulement le système AP Lift, mais également l’ensemble de la conception de la machine ont été repensés.
Le principe AP Lift repose sur deux grands disques entraînés qui passent sous la culture et soulèvent le sol avec les oignons. Contrairement à une arracheuse d’oignons conventionnelle, il n’y a donc plus d’arbre d’arrachage horizontal sur toute la largeur de travail.
Pour l’utilisation dans les oignons, le système a été complété par deux disques verticaux situés sur les côtés extérieurs. Ceux-ci ramènent les rangs d’oignons extérieurs vers l’intérieur et permettent de récolter l’ensemble de la planche. Les disques sont réglables en hauteur, ce qui permet d’ajuster la profondeur d’arrachage. Les deux côtés extérieurs peuvent également être réglés séparément. « Vous pouvez régler les disques exactement de manière à ce qu’ils passent sous les oignons sans arracher inutilement en profondeur », explique Robert Poppe d’Agri Poppe.
Pour tous les modes de semis
Un autre principe important est que l’arracheuse doit pouvoir être utilisée dans différents systèmes de culture. Selon Agri Poppe, la même machine peut être utilisée pour récolter des oignons en culture à plat, sur planches surélevées et sur billons. Pour la culture de l’oignon, le système AP Lift a d’abord été installé sur une arracheuse existante de 2,25 mètres. Cette machine sert principalement de support d’essai afin de tester le principe d’arrachage dans différentes conditions. Sur la base de ces expériences, Agri Poppe a ensuite développé sa propre arracheuse complète.
Une machine légère
La conception autour du système d’arrachage a également été revue. Sur une arracheuse conventionnelle, l’arbre d’arrachage horizontal est monté sur des paliers à ses deux extrémités. Les charges provenant de l’arbre d’arrachage, de son entraînement et de la résistance du sol sont transmises par ces points de palier aux châssis latéraux, puis au châssis principal et au dispositif de relevage. La structure latérale doit donc être relativement lourde et rigide.
Sur la nouvelle arracheuse, l’arbre d’arrachage de grande largeur et les paliers correspondants sur les côtés ont disparu. Les forces générées par le système AP Lift sont transmises beaucoup plus directement au dispositif de relevage via la structure porteuse centrale. Les châssis latéraux peuvent ainsi être considérablement allégés et certains éléments de la machine peuvent être réalisés en plastique.
Selon Agri Poppe, la nouvelle machine est ainsi environ une tonne plus légère qu’une arracheuse conventionnelle comparable. Une grande partie du poids du système d’arrachage se situe également juste derrière le relevage. La machine a été conçue dès le départ pour pouvoir être utilisée avec un tracteur quatre cylindres. « Nous ne nous sommes pas contentés de monter le système AP Lift sous une arracheuse existante, mais nous avons entièrement reconstruit la machine autour de celui-ci », explique Poppe.
Moins de puissance de traction, une vitesse d’avancement plus élevée
Une différence pratique importante concerne la puissance nécessaire. Sur une arracheuse conventionnelle, l’arbre d’arrachage horizontal doit être entraîné dans le sol sur toute la largeur de travail. Cela peut demander beaucoup de puissance de traction, notamment dans les sols lourds et lorsque les oignons sont implantés profondément.
Avec le principe AP Lift, seuls les disques pénètrent dans le sol. Selon Agri Poppe, la résistance est donc nettement plus faible. L’entreprise ne souhaite pas encore se prononcer précisément sur une éventuelle économie de carburant. Poppe veut d’abord comparer les deux systèmes dans des conditions similaires.
La diminution de la puissance de traction permet toutefois d’augmenter la vitesse d’avancement. « Il n’est plus nécessaire de faire passer un lourd arbre d’arrachage dans le sol sur toute la largeur. La machine tire donc beaucoup plus facilement et permet d’arracher plus rapidement », explique Poppe. Dans des conditions favorables, Agri Poppe estime qu’il serait possible de doubler environ la vitesse d’arrachage.

Entraînement hydraulique et peu d’entretien
La machine actuelle est entièrement entraînée hydrauliquement. Les tapis, les secoueurs et le système d’arrachage sont alimentés par leur propre circuit hydraulique qui, sur le prototype actuel, utilise des pompes à engrenages séparées. Pour la version définitive, Agri Poppe étudie encore une configuration hydraulique plus efficace.
La conception comporte peu de points d’entretien. Il n’y a pas de chaînes à graisser ou susceptibles de casser et aucun palier ne travaille dans le sol. Les paliers présents peuvent être graissés via un bloc de graissage central. « En réalité, il suffit de graisser régulièrement les paliers. Il n’y a pas de chaînes ni de paliers qui passent dans le sol », précise Poppe.
L’entreprise souhaite ainsi acquérir rapidement de l’expérience dans différentes conditions et présenter largement le concept sur le terrain. Bien que le système AP Lift puisse techniquement être installé sur des arracheuses d’oignons existantes, Agri Poppe voit davantage de potentiel pour l’oignon dans une machine complète. La transformation d’arracheuses existantes demande relativement beaucoup d’heures de construction et la configuration de départ varie selon la marque et la machine. Avec la nouvelle arracheuse développée, l’entreprise peut adapter dès la conception la structure, le poids, l’entraînement et le système AP Lift les uns aux autres.
Après les essais pratiques, Agri Poppe souhaite passer à une première série commerciale. L’entreprise envisage dans un premier temps de produire environ cinq machines. Le prix définitif n’est pas encore fixé. Il dépendra notamment de la version choisie et des options, dont certaines doivent encore être développées.
Texte : Jan Geert Vedelaart · Illustrations : constructeur

