Les remorques vertes arborant les initiales OVA — pour Octave Vansteelant Ardooie — attirent encore aujourd’hui les regards dans nos campagnes. Bien que la marque ait cessé ses activités depuis de nombreuses années, certains passionnés continuent d’entretenir son héritage. C’est notamment le cas de la ferme Vancompernolle, qui utilise toujours deux bennes OVA, dont un modèle trois essieux sorti d’usine en 1996.
À Liberchies, dans la province de Hainaut, Geert Vancompernolle peut toujours compter sur ses remorques OVA : une benne trois essieux et une deux essieux. Par attachement à la marque, le modèle trois essieux équipé d’un vérin frontal est régulièrement mis à contribution. “Nous avons acheté cette benne en 2007. Depuis, elle a transporté environ 50 000 tonnes”, précise l’agriculteur.

30 ans plus tard, l’OVA est toujours là
“La OVA a été fabriquée en 1996. Au départ, elle appartenait à une exploitation située à Quartes, dans le Tournaisis. De notre côté, nous avions déjà une OVA deux essieux qui avait été achetée par mon père et mon grand-père en 1982-1983. Mon grand-père venait de la région d’Ardooie et connaissait bien la famille Vansteelant. Ils avaient même des liens de parenté. Nous avions demandé de nous faire savoir si une trois essieux était à vendre quelque part. C’est ainsi qu’en 2007, nous avons eu l’occasion d’acheter une trois essieux en occasion”.
Depuis sa sortie d’usine, la benne a été légèrement modifiée au fil des années. Elle a été repeinte et a été dotée d’un nouvel éclairage en 2010-2011. “Les pochoirs des lettres O, V et A nous ont été prêtés par la marque. Pour les autocollants, nous avons dû utiliser des stickers plus récents, comme ceux qui étaient placés sur les bennes de camion”. De plus, les essieux ont aussi été remplacés. “Au départ, c’étaient des petits essieux avec des jantes déportées qui équipaient la OVA. Ils ont cassé et ont été remplacés par trois nouveaux essieux. J’ai aussi ajouté un stabilisateur de bennage sur l’essieu arrière. J’ai également monté un essieu directionnel suiveur depuis un an. À la base, elle avait déjà un suiveur qui avait été remplacé par un essieu fixe”.

Conception solide
“La caisse fabriquée en acier est solide et est bien conçue. À vide, la benne pèse 10 tonnes. Le châssis est aussi costaud. Un point faible reste le timon qui a dû être renforcé… Mais il faut avouer qu’elle a été conçue à une époque où les tracteurs étaient moins puissants et roulaient moins vite. Le premier tracteur que nous avons utilisé avec la trois essieux était un Case IH 1455, et ses jantes cassaient. Nous avons ensuite utilisé un John Deere 7930 qui est encore attelé sur la benne aujourd’hui pour conduire les betteraves à la râperie de Longchamps. Pour l’ensilage, c’est le John Deere 7R 250 qui est utilisé”. Un autre petit bémol se situe au niveau des longerons arrière de bas de caisse. “Ils peuvent se remplir d’eau et de boue et il y a donc de la corrosion à ce niveau”.
En ce qui concerne le vérin de bennage, il est positionné devant la caisse, ce qui est plus stable que les versions ayant trois vérins sous leur caisse. “Quand elle est levée, elle ne bouge pas. Et elle est plus rapide pour benner qu’une trois vérins”. Le confort routier est jugé bon, que la benne soit pleine ou vide. “La benne ne sautille pas à vide et est très confortable”.

Toujours en action
La benne est encore fréquemment utilisée actuellement : “Elle transporte notamment des fourrages qui sont valorisés dans l’unité voisine de biométhanisation. C’est pourquoi des rehausses à ensilage ont été montées. Actuellement, la caisse a un volume de 49 m³, et je prévois d’ajouter encore des rehausses pour pouvoir transporter plus de volume. Depuis cette année, les pneus de camions ont été remplacés par des grosses roues Vredestein. C’était une exigence pour pouvoir rouler à la méthanisation sans abîmer les terres”. Malgré ses 30 années de bons et loyaux service, l’étanchéité de la caisse et de la porte arrière hydraulique restent bonnes. “Je remplace tous les ans le feutre qui sert d’étanchéité à la porte. Et je n’ai aucune perte de grains.”

La ferme Vancompernolle se montre donc très satisfaite de sa benne OVA, qu’elle n’est pas prête à remplacer par une autre marque. “C’est dommage que la famille OVA ait arrêté la production des bennes agricoles. Leurs produits étaient de très bonne qualité et ils avaient une solide réputation. La preuve de leur robustesse, c’est qu’il y a encore aujourd’hui de nombreuses remorques OVA en service”.

Texte : Antoine Van Houtte · Illustrations : Antoine Van Houtte et Geert Vancompernolle

