Retirer la terre accumulée sous les caillebotis des hangars de stockage de pommes de terre est une tâche longue et pénible. Pour y remédier, Marc van Leeuwen a conçu ses propres robots. Grâce à eux, il propose aujourd’hui ce service en Belgique, aux Pays-Bas, en France et en Allemagne.
Les robots de Marc van Leeuwen évoluent sous les caillebotis pour pousser la terre accumulée. Celle-ci est ensuite évacuée hors des hangars de stockage. Ils ont donc un rôle de petit bulldozer télécommandé. “J’ai créé ce système il y a huit ans. Au départ, quelqu’un a eu l’idée d’utiliser un robot racleur Lely pour aller sous les caillebotis des hangars de pommes de terre dans le but de retirer la terre qui s’y accumule. Ce robot était trop léger et j’en ai alors créé un moi-même.
Pour commencer, j’ai utilisé du vieux fer et j’ai acheté une télécommande dans un magasin de jouets. La première année, j’ai nettoyé 10 hangars et j’avais déjà des réservations pour la deuxième année. Je ne pensais pas que ça allait prendre une telle ampleur. Aujourd’hui, je nettoie au total 140 à 150 hangars chaque année […]. Grâce à cette activité, je parviens à gagner ma vie en étant entrepreneur agricole avec un parc de machine développant un total de moins de 100 ch”.

Évacuer la terre accumulée
Une fois la terre regroupée par le robot, il est facilement possible de l’évacuer. Selon la configuration des bâtiments, la terre peut parfois être sortie du sous-sol en passant via le couloir technique à l’aide d’un mini-dumper à chenilles.
Si le couloir technique n’a pas de rampe d’accès, elle est extraite après le démontage d’une rangée de caillebotis. Le robot charge alors la terre dans un godet. Il est aussi possible de la reprendre grâce à un grappin spécialement conçu. “J’ai un grappin qui se monte sur les fourches à palettes des télescopiques de mes clients. De cette manière, je ne dois pas m’adapter aux différents tabliers présents sur le marché. Cela permet aussi de reprendre de la boue et personne ne doit nettoyer à la main à l’endroit où le bac se dépose.
Je vais aussi dans les usines de transformation, pour nettoyer autour des tapis durant la saison des arrachages. Je peux alors ramasser jusqu’à 80 t en une journée de travail”.


Auto-construction
Les deux robots utilisés ont été entièrement construits par l’entrepreneur. Ils sont basés sur un châssis, un train de chenilles et un moteur essence développant 15 ch. “Les filtres du moteur ont été modifiés et agrandis pour résister à un environnement de travail poussiéreux. Le filtre à air est changé tous les jours et une vidange est faite tous les deux jours. Après 10 jours de travail, il y a une journée avec deux mécaniciens qui est prévue pour les entretiens […]. Il y a deux réservoirs hydrauliques et un réservoir à essence qui ont une forme particulière pour s’intégrer dans ma machine”. Et le tout est conçu pour pouvoir être démonté afin de rendre accessible le moteur et les blocs hydrauliques.


Les chenilles permettent au robot d’évoluer même dans des conditions humides. “Grâce aux chenilles, l’empreinte au sol est faible et le robot peut circuler dans de la boue et sur un béton glissant”. Avec ce système, il est possible de retirer une hauteur de terre pouvant atteindre 40 cm. “Quand il y a beaucoup de terre, j’ai un système où un treuil est attelé sur un tracteur. Il vient tirer sur le robot pour l’assister”. Ceci dit, la majorité des clients font appel à Marc van Leeuwen régulièrement, pour ne pas accumuler trop de terre. “La moitié de mes clients font appel à mes services chaque année. Je nettoie les hangars de l’autre moitié de ma clientèle tous les 2 à 3 ans”. Ce nettoyage permet de mieux gérer le développement des maladies et de voir visuellement les éventuels endroits où des taches de pourritures humides apparaissent.


Une technique en amélioration continue
Depuis le mois de janvier, c’est un nouveau robot à une voie variable qui est employé. “Le système fait varier à la fois la hauteur et la largeur du robot. C’est important, car dans certaines situations, je dois travailler dans des environnements très restreints, limités en hauteur ou en largeur”. De plus, il est possible d’installer quatre types de lames sur les robots. “Leur largeur va de 72 cm à 170 cm”.


Enfin, Marc van Leeuwen améliore continuellement ses robots. “Tous les deux ans, je construis une nouvelle machine. Chaque robot a plus de rendement que le précédent et permet, par conséquent, de travailler plus rapidement. Par rapport à mon premier robot, je travaille désormais 2 à 3 fois plus vite […]. Les robots sont faits maison par un fils de fermier qui n’est pas un ingénieur […]. J’innove tous les ans et je réfléchis en continu sur ce qui pourrait être amélioré”.

Texte et illustrations : Antoine Van Houtte

